Olivier Panis (BAR-Honda) a hâte de s’installer au volant de sa monoplace pour les premiers essais du Grand Prix d’Australie, épreuve d’ouverture du Championnat du monde de Formule 1, cette fin de semaine à Melbourne.

Cela fait tellement longtemps que le Français n’a pas ressenti cette montée d’adrénaline si particulière à un week-end de Grand Prix. «Ma dernière course remonte au Japon 1999. Vraiment, ça me manquait, je ressentais un vide, avoue Panis. Je n’arrivais pas à m’y faire. Et ce, malgré toute l’expérience enrichissante vécue avec les gens de McLaren. Oui, je suis vraiment impatient».

L’homme est d’autant plus pressé de passer à l’acte, qu’il évolue dans un environnement idéal. Accueilli à bras ouverts par l’équipe BAR, les hommes de Honda, Olivier Panis a en effet le sentiment de disposer d’un outil compétitif, d’une monoplace performante, fruit en grande partie de son travail, de son expérience.

Jacques Villeneuve et les gens de BAR attendaient un pilote capable de faire progresser la voiture, l’équipe. Ils n’ont pas été déçus. «J’ai été tout de suite bien accueilli chez BAR. Cela s’est tout de suite bien passé. Dès que j’ai essayé la voiture à Jerez la première fois, je les ai mis dans une direction apprise chez McLaren. Et cela a marché», raconte Panis. Si des difficultés sont apparues lors des premiers tours de roues de la nouvelle BAR-Honda, les derniers essais en Afrique du Sud ont cependant marqué un net progrès. «Le dernier package aérodynamique testé à Kyalami est très bon. Nous avons pu mener à bien deux tests d’endurance, couvert la distance de deux Grands Prix. La voiture est fiable, bien équilibrée. Jacques lui aussi s’est montré satisfait. Maintenant, on verra dimanche à Melbourne».

Si Olivier Panis estime que la base pour démarrer en Australie est bonne, très bonne même, il sait aussi que BAR et Honda n’en resteront pas là. «Dès Imola, nous aurons des évolutions en moteur et en aéro», révèle le Français. De là toutefois à se fixer des objectifs, il y a un pas que le pilote ne veut pas franchir. Il préfère se montrer prudent. «C’est difficile à déterminer sur un plan personnel, déclare Panis. Il faut déjà voir comment cela se passera ce week-end. Néanmoins, nous devrions terminer régulièrement dans les points, réussir des podiums, et BAR progresser par rapport à 2000 (5e). Finir dans les quatre premiers serait pas mal, 3e serait bien».

Pas question en effet pour Panis de penser s’immiscer déjà dans la lutte pour le titre. Cet objectif semble cette année encore être réservé aux deux ogres. «Tout devrait encore se jouer entre McLaren et Ferrari, estime-t-il. Cependant avec Williams-BMW nous jouerons sans doute un rôle intéressant. Et peut-être que Benetton-Renault aussi un peu plus tard dans la saison».

Entre ces trois prétendants au rôle de «troisième larron», un facteur sera certainement déterminant, les pneumatiques. Qui de Michelin (Williams-BMW, Benetton-Renault, Jaguar et Prost) ou de Bridgestone (BAR-Honda entre autres), prendra l’avantage ? «Michelin sait travailler, ils ont une grande connaissance de la course, juge Panis. Maintenant, je fais confiance à Bridgestone. La bagarre sera intéressante. Il y aura des circuits où les Michelin seront mieux, d’autres ce sera Bridgestone. Cela pourra donc donner lieu à quelques surprises de temps en temps».

(AFP)