Le manque d’efficacité de la nouvelle McLaren-Mercedes, la MP4/16, ne suffit pas à expliquer totalement le début de saison difficile de Mika Hakkinen dans le Championnat du monde de Formule 1.

A l’aube du Grand Prix du Brésil, troisième épreuve de l’année, le Finlandais n’affiche qu’un point au compteur. Si c’est mieux qu’en 2000, Hakkinen n’en ayant alors marqué aucun, c’est en revanche beaucoup moins bien que les dix unités accumulés par son coéquipier, le Britannique David Coulthard, sur le podium en Australie (2e) et en Malaisie (3e), il y a quinze jours.

Certes, la malchance a frappé Hakkinen à Melbourne. Le bris de la suspension avant droite de sa monoplace a certainement coûté une 2e place, voire la victoire au double champion du monde.

A Sepang toutefois, le Finlandais n’a jamais semblé maîtriser son sujet durant les essais, avant de collectionner les situations délicates en course. Bloqué par le tête-à-queue de Ralf Schumacher au départ, incapable de se défaire de Jos Verstappen, ce n’est qu’après son dernier ravitaillement que Hakkinen est redevenu lui-même, alignant les records du tour. Trop tard cependant.

L’an dernier déjà, la première moitié de saison du Finlandais avait suscité de multiples interrogations. Démotivation, future paternité, chacun essayait de trouver une explication au relatif manque de performance d’un pilote en qui tout le monde voit le principal adversaire de Michael Schumacher. A commencer par ce dernier qui a toujours désigné le Finlandais comme «son» rival le plus dangereux.

Mi-juillet, à son arrivée en Autriche, Mika Hakkinen expliquait ses contre-performances par son inadaptation à la MP4/15. La monoplace ne convenait pas à son pilotage. Et à des problèmes personnels, «que je ne veux pas évoquer publiquement», ajoutait également l’intéressé.

A Spielberg, le double champion du monde avait néanmoins assuré que tout était rentré dans l’ordre. Qu’il avait retrouvé une voiture à sa convenance. Les Grands Prix de l’été devaient donner raison au Finlandais.

Dès lors en effet, Hakkinen allait accumuler les victoires, et les exploits. Comme quelques dépassements audacieux, dont celui de Spa-Francorchamps qui restera dans les annales comme le «moment fort» de la saison 2000. Et, sans un manque de fiabilité de sa monture aux Etats-Unis, le Finlandais aurait peut-être pu conserver sa couronne en dépit de son début de saison laborieux.

Quel mal frappe cette fois Mika Hakkinen dont la tâche risque d’être encore plus compliquée que l’an passé ? Un démarrage difficile pourrait bien compromettre définitivement ses chances tant la Ferrari est compétitive cette année. Tant Michael Schumacher domine son sujet plus que jamais.

Alors, malgré les problèmes de la MP4/16, le Finlandais se doit de réagir le plus tôt possible et redevenir le pilote brillant, rapide, qu’il est intrinsèquement. Dès le Grand Prix du Brésil, cette fin de semaine à Sao Paulo, serait le mieux.

Hakkinen compte déjà dix-neuf points de retard sur Michael Schumacher. C’est justement l’écart qui séparait les deux hommes à l’issue du Championnat l’an dernier.

(AFP)