Pour beaucoup d'observateurs, le Grand Prix de Saint-Marin, premier de la tournée européenne, devait marquer un premier tournant de la saison. Une course cruciale pour la Scuderia Ferrari qui, sur son circuit fétiche, n'a pas raté son retour. Mais il s'en est fallu de peu, très peu même, pour que le duel annoncé entre Michael Schumacher et Fernando Alonso ne tourne à nouveau à l'avantage du champion du monde espagnol. Si Renault a bel et bien enregistré sa première défaite de la saison, la R 26 de Fernando Alonso était pourtant encore la plus rapide en course. De loin devant les décevantes McLaren-Mercedes, une équipe Honda cafouillant dans les stands et une Ferrari F 248 F 1 victime de petits soucis de pneus. Mais pour le plus grand bonheur des 100.000 tifosi suant de grosses gouttes durant les 30 derniers tours, le constructeur français s'est loupé en stratégie. Tant en qualifications avec Fisichella que lors du GP avec Alonso. Au bout du compte, il s'agit donc plus d'une défaite des Bleus que d'une victoire à la régulière des Rouges. Sur un circuit plus traditionnel comme le Nürburgring ou Barcelone, théâtre des deux prochains rendez-vous, Fernando n'aurait fait qu'une bouchée d'un Schumi en difficulté. Il est donc un peu hâtif de prétendre que le championnat est réellement lancé. Qu'Alonso a retrouvé un rival. Attendons plutôt la confirmation, dans quinze jours en Allemagne, sur les terres d'un Kaiser qui n'avait plus pu laisser exploser sa joie sur la plus haute marche d'un podium depuis un an et demi. Après le record de 66 poles de la veille, ce 85 éme succès devrait en tout cas motiver le septuple champion du monde à poursuivre sa carrière d'une ou deux années chez Ferrari. Même si là également, cela demande confirmation. Pourquoi pas aussi dans deux semaines dans l'Eifel?

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