Le pilote Haas entame sa dixième saison et accuse: "La F1 n'est pas un sport mais un spectacle".

Sur le point d'entamer sa dixième saison déjà au sommet du sport automobile, Romain Grosjean semble cacher de plus en plus difficilement sa frustration de devoir piloter pour des écuries de seconde zone sans aucune réelle chance de succès. Agé de 33 ans, le Franco-suisse a déjà disputé 164 GP. Mais s'il est monté à dix reprises sur le podium, jamais il n'a réussi à gravir la plus haute marche. "Cela aurait pu être le cas au GP d'Europe 2012 et en Allemagne 2013 avec Lotus, mais les choses n'ont pas tourné en ma faveur," a-t-il déclaré dans une récente interview accordée au site Motorsport.com.

Réputé pour ses bourdes autant que par une noire malchance lui collant à la combinaison, le mari de la présentatrice de TF1 Marion Jollès, un rien désabusé après avoir sauvé son baquet Haas pour la énième fois, qualifie la F1 moderne "d'injuste et frustrante."

"Est-ce réellement un sport ?," s'interroge le pilote de GP. "Je n’en suis pas certain. Je dirais que c’est plutôt un spectacle. Un sport est supposé être juste et la Formule 1 ne l’est pas vu l'énorme différence de matériel entre les pratiquants. Piloter en F1 quand vous n'êtes pas dans une écurie de pointe, c’est comme demander à Roger Federer d’aller à Roland-Garros avec une raquette de ping-pong ! Il n’aurait aucune chance. »

"Considérerions nous le tennis comme un sport si les joueurs n’utilisaient pas tous la même raquette. Ou si le court était plus large d’un côté que de l’autre ?"

"Prenez l'exemple de Daniel Ricciardo. Il a gagné des GP chez Red Bull. C'est un grand pilote. Mais chez Renault l'an dernier il n'est pas monté sur un seul podium. Pour gagner en F1, tout dépend de ce que l’on a entre les mains, de la voiture que vous pilotez… "

Il n'a pas tort, mais cela a toujours été comme cela. Il n'y a toujours eu que deux, trois voire quatre écuries capables de gagner. Bien sûr qu'en sport moteur, en dehors du karting (et encore) et dans les formules monomarques, le matériel et le team font la différence. Mais c'est pareil au Mans, en WRC ou au Dakar. Même en moto GP ou en voile. Il n'y a toujours que trois ou quatre équipes qui peuvent gagner. Cela signifie-t-il que ce n'est pas un sport pour autant? Peut-être pas un sport dans le sens noble et olympique du terme, où tout le monde a les mêmes chances. Il est évident que si on alignait vingt Mercedes en F1, la hiérarchie serait peut-être un peu différente. Cela signifie-t-il que Romain Grosjean serait mieux classé? Pas sûr. Car au final, à quelques rares exceptions près, ce sont souvent les meilleurs pilotes qui se retrouvent dans les meilleurs teams. Surtout pour un pilote qui aurait le même talent volant en mains que Roger Federer avec une raquette...