Devenue une star internationale depuis qu'il a survécu à son accident à Barheïn le week-end dernier, Romain Grosjean a accordé un dernier entretien avant de reprendre l'avion pour la France où l'attendent ses trois enfants. Il a répondu aux questions de Laurent Delahousse, à la fin du journal télévisé de France 2, où il était invité en compagnie de Michel Boujenah.

Par rapport à ses précédents récits, déjà rapportés et lus ici et là, l'ex-pilote Haas a rajouté ceci : "Le plus dur pour moi après cet accident et en revoyant les images plus effrayantes de l'extérieur qu'à l'intérieur est de me dire que pendant 2'43, la durée entre l'impact et la première fois qu'on m'a montré conscient dans l'ambulance, ma femme, mes enfants, mes parents ont cru à 99% que j'étais mort."

Car la mort il l'a vue de près: "Oui, elle était en face de moi. Je lui ai d'ailleurs donnée un nom à ce moment-là. Ne me demandez pas pourquoi, mais je l'ai baptisée Benoît. Je ne parvenais pas à sortir de l'auto, mais à un moment mon corps s'est relâché. Et j'ai pu décoincer mon pied et m'extraire de ma carcasse brûlante."

Lorsqu'il s'est retrouvé sur sa civière, Jean Todt, président de la FIA, a été la première personne connue à côté de lui. "Il m'a dit tu devrais vite rassurer ta femme (ndlr : l'animatrice de TF1 Marion Jollès). Il a formé son numéro et soudainement j'ai reconnu sa voix dans le portable. Je lui ai dit, Moustic, c'est le petit nom que je lui donne, Moustic ça va, je suis OK."

Ce dimanche, Romain a quitté le paddock de Barheïn avant le Grand Prix : "J'ai fait mes adieux au paddock. Aux portiques, en passant mon badge, j'ai pensé que c'était sans doute la dernière fois que je voyais s'afficher mon nom avec en dessous pilote de F1. Je ne serai pas à Abu Dhabi car ma main gauche est quand même fort brûlée. Ce ne serait pas prudent et je veux éviter une greffe de peau. Mais je reviendrai dans le paddock pour voir les copains l'année prochaine."