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Moteurs

Spa Francorchamps aux oubliettes

Daniel Striani

Publié le - Mis à jour le

Le communiqué de la Fédération internationale de l'automobile était finalement des plus laconiques, hier, concernant le sort réservé au GP de Belgique 2003: `En l'absence d'un accord unanime entre les écuries de courir à Spa-Francorchamps en 2003 sans publicité liée au tabac, cet événement a été retiré du calendrier du Championnat du monde´, pouvait-on lire.

Bref, ce qu'on craignait est devenu réalité. Entre Ferrari, McLaren, Renault, Bar et Jordan, soit les cinq écuries parrainées par un cigarettier, le désaccord a eu raison du `plus beau circuit du monde´, comme le définissent la plupart des pilotes de F 1. Il suffisait qu'une seule de ces équipes donne, lundi à Londres, sa préséance à l'importance du sponsoring pour faire disparaître Francorchamps du panorama de la F 1.

Mais comment en est-on arrivé là? Rappelons tout d'abord qu'en 1997, dans le cadre du `Pacte de la Concorde´, les écuries acceptèrent de rouler sur trois circuits sans coller la pub pour le tabac sur leurs monoplaces: la France, l'Angleterre et l'Allemagne. `Aucun autre GP ne pourra venir gonfler cette liste´, précisèrent alors les responsables des teams.

C'était compter sans le `feuilleton Francorchamps´. Durant l'hiver 97-98, un projet de loi contre la publicité pour le tabac est avancé à la Chambre. En février 99, le gouvernement wallon, et Robert Collignon en particulier, via un décret régional, autorisent la pub, mais vont alors à l'encontre de la loi fédérale. Heureusement, Spa-Francorchamps est sauvé par la Cour d'arbitrage, qui donne le feu vert au GP de Belgique avec tabac pour trois ans.

La suite, c'est de l'histoire récente. Le 17 juillet dernier, après des moments très chauds au Sénat, la proposition de loi de Jean-Marie Happart (PS) et de Philippe Monfils (MR), projet qui tendait à introduire des exceptions à l'interdiction générale de la publicité tabac au-delà du 31 juillet 2003, est repoussée par 35 voix contre 31. Pas question d'accepter, même provisoirement, la pub pour une compétition de sports moteurs par région, s'écrièrent les Ecolo, Agalev, CD&V, le Vlaams Blok, ainsi qu'un CDH (Dallemagne), 2 ex-VU-ID (Vandenbroeke et Vankrunkelsven) et 2 VLD (Kestelijn et Jean-Marie Dedecker, ce dernier parce que l'exception ne valait que pour les sports moteurs). L'arrêt de mort de la F 1 chez nous était alors signé, certains ne pouvant plus espérer, alors, qu'un avancement de date du GP de Belgique, prévu le 31 août 2003. Mais les Grands Prix sollicités pour échanger avec Francorchamps leur place dans le calendrier (Autriche, Hongrie) n'ont finalement pas accepté et le couperet est tombé lundi sur le GP de Belgique.

Hôteliers et restaurateurs, dans la province de Liège, estiment déjà les pertes à 8,125 millions d'euros. A Spa-Francorchamps, 80pc du public est en effet étranger. `Pourquoi est-ce si compliqué de créer chez vous, pour trois ans seulement, la même exception que vos voisins allemands, de vous aligner sur l'ensemble de l'Europe?´, nous demandait Bernie Ecclestone il y a quelques semaines encore. Bonne question...

© Les Sports 2002

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