Le Belge remporte son 12e succès mondial, mais Tanak arrache la 2e place, les 5 points bonus et sa première couronne mondiale

Leader depuis l'arrivée de la 7e spéciale samedi matin quand il avait relayé son équipier Sébastien Loeb, Thierry Neuville a remporté une brillante victoire ce dimanche en Espagne, la douzième de sa carrière, sa troisième cette saison et sa première en Catalogne.

« Cette épreuve ne m'avait jamais vraiment souri auparavant, mais cette fois tout a fonctionné parfaitement pour nous, » se réjouissait notre compatriote acclamé par des dizaines de supporters venus le fêter à l'arrivée de la dernière spéciale. « On a pu gérer notre avance dès samedi midi. On a bien progressé sur l'asphalte même si on a pu encore constater dans la dernière spéciale que Toyota gardait l'avantage. Je suis bien sûr très heureux de renouer avec le succès, même si je suis un peu déçu de voir mes derniers espoirs de titre s'envoler. Mais je tiens à féliciter Ott. Il l'a sincèrement mérité, rien à dire là-dessus. On réessayera une nouvelle fois l'année prochaine. »

En attendant, Thierry et Nicolas Gilsoul iront en Australie pour viser un cinquième titre de vice-champion face au champion sortant Sébastien Ogier désormais dix points derrière eux (227 à 217).

Mais la plus grande horde de fans à l'arrivée de ce Rallye d'Espagne était évidemment estonienne. Agitant leurs drapeau noir bleu et blanc, les supporters sont venus fêter le premier titre mondial d'Ott Tanak qui est allé décrocher sa couronne avec la manière : en prenant les cinq points de la Power Stage grâce à un scratch étonnant 3.6 devant Elfyn Evans et 3.7 plus vite que Thierry Neuville. C'est dire si l'homme en gardait sous la pédale. Une performance lui permettant d'arracher in-extremis le premier accessit et de priver Hyundai du doublé pour quatre dixièmes devant Dani Sordo.

Avec désormais 36 points d'avance, Ott Tanak ne peut plus être rejoint. Il est champion du monde.

« Quelle délivrance, quel moment de joie intense, » a lancé cet homme de peu de mots habituellement froid avant de tomber dans les bras de son épouse. «J'ai tout donné dans la dernière spéciale car je ne voulais pas attendre l'Australie. C'est génial, je remercie vraiment Toyota. »

Qu'il laissera sans doute en fin de saison pour rejoindre Hyundai l'an prochain pour des raisons essentiellement financières. En attendant, il tentera d'aider les Japonais à conserver leur couronne constructeurs en Australie. Mais avec 20 points de retard sur Hyundai désormais, cela ne s'annonce pas facile, les Coréens ayant fait en Espagne, grâce à Thierry Neuville, un grand pas vers leur premier sacre mondial.