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Moteurs

Un sixième titre en tremblant

O. d.W.

Publié le - Mis à jour le

SUZUKA Bon Dieu que ce fut pénible pour le désormais sextuple champion du monde! Il s'en est fallu de peu, finalement, pour que ce soit le Finlandais Kimi Raikkonen, champion du monde virtuel pendant un tour, qui établisse un autre record du monde historique en coiffant la couronne à la veille de ses 24 ans.

Le scénario quasi catastrophe de ce Grand Prix du Japon fut, en tout cas, loin d'être celui dont rêvait l'Allemand depuis son succès américain. Et, une fois encore, sa conquê- te à l'arraché du titre mondial aura été émaillée par plusieurs incidents. Cela débuta dès la qualification de samedi perturbée par une averse inondant la piste juste après que Rubens Barrichello eut signé la neuvième pole de sa carrière alors que les cinq plus rapides de vendredi devaient encore s'élancer.

Résultats: un huitième chrono pour Raikkonen, le quatorzième seulement pour Schumi. De quoi redoubler de prudence au départ. Dès les premiers mètres de cette course décisive, on comprit qu'on n'avait pas affaire au Schumacher conquérant remonté de la seizième à la première place du Grand Prix de Belgique 1995. L'homme et son équipe avaient, cette fois, trop à perdre.

Le pilote de la Ferrari, moins autoritaire que de coutume au sein du peloton, presque paralysé, craignait visiblement l'accrochage. Et pourtant, malgré ses précautions, il se produisit. Au sixième tour, après avoir déjà manqué d'être percuté plus tôt par son frère parti en tête-à-queue juste derrière lui, le n°1 mondial, le bras tremblant, brisait sa moustache lors d'une manoeuvre de dépassement hasardeuse pour la dixième place sur la BAR du Japonais Sato.

Un premier coup de théâtre renvoyant la monoplace rouge à son stand, puis à la dernière place. Devant, heureusement pour un Kaiser un peu trop nerveux, Montoya, Barrichello et Alonso précédaient son rival nordique, obligé de vaincre. Mais le stress augmenta considérablement au sein de la Scuderia lorsque les moteurs du Colombien (9e tour), puis de l'Espagnol (18e tour) partirent en fumée, Raikkonen, protégé durant toute la course par un équipier plus rapide, occupant même la tête de l'épreuve à la faveur des ravitaillements.

A cet instant, le sixième titre du citoyen de Kerpen reposait uniquement sur les épaules de son équipier Barrichello. Un abandon ou une faute du Brésilien, et la couronne changeait provisoirement de camp. Pour éviter tout risque de catastrophe, Schumi s'efforça, alors, de revenir dans les points. Une remontée marquée par deux incidents avec son frère Ralf, dix-neuvième sur la grille. On vit ainsi Michael tasser méchamment son frangin lors d'une tentative de dépassement au bout de la ligne droite.

Franchement limite! Et le tour suivant, les deux Schumacher se touchèrent même au freinage de la chicane après que l'aîné eut surpris son cadet en faisant un écart pour éviter la Toyota d'un Da Matta vendant chèrement sa peau. Un accroc s'achevant par une partie de tondeuse à gazon pour la Ferrari, un aileron avant cassé et un nouveau passage par les boxes pour un Ralf furieux abandonnant, là, les toutes dernières chances de Williams-BMW au championnat constructeurs.

Dès lors, le dieu des tifosi ne tenta plus ce diable de Da Matta, assurant une modeste huitième place synonyme, quoi qu'il arrive, de sixième titre. Et la délivrance finale fut offerte quelques secondes plus tôt que son passage de la ligne par Rubens Barrichello, premier à être fêté et à monter sur le podium grâce à la septiè- me victoire de sa carrière. Le Brésilien aussi aura apporté sa pierre à l'édifice en battant un Raikkonen méritant son titre de... vice-champion. Pour deux points. Bon Dieu que ce fut juste...

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