Une saison des plus disputées
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Moteurs

Une saison des plus disputées

OLIVIER DE WILDE

Publié le - Mis à jour le

ÉCLAIRAGE

Le rideau est donc tombé à Suzuka sur cette fabuleuse saison. Après une année 2002 soporifique, 2003 a bien réveillé les millions d'amateurs de la discipline. En partie grâce à une nouvelle réglementation des essais quelque peu à revoir (ce sera le cas l'an prochain) mais surtout grâce à une moins grande domination d'une seule écurie. Neuf teams (seul Minardi n'a jamais pointé un seul tour aux commandes) en tête d'un Grand Prix, ce qui n'était plus arrivé depuis 1975, huit vainqueurs différents (il faut remonter à 1985) représentant cinq équipes, quatre pilotes encore en lice pour le titre à deux courses de la fin et, finalement, un écart de deux points entre le champion et son dauphin, on a vécu une campagne exceptionnelle.

Contrairement aux trois dernières années, Ferrari n'a plus écrasé la concurrence même si, avec huit victoires, la Scuderia a tout de même remporté avec Michael Schumacher et Rubens Barrichello la moitié du gâteau (en plus des deux couronnes pilotes et constructeurs). Williams-BMW (4), McLaren-Mercedes (2), Renault (1) et Jordan-Ford (1) se partageant l'autre part. Il aura suffi d'un très mauvais début de saison (8 points sur 30 pour «Schumi») et d'un mois d'août catastrophique (3 unités sur 36 possibles pour les Rouges) en raison de pneumatiques Bridgestone (le manufacturier japonais l'emporte néanmoins 9 à 7 dans son match face à Michelin), supportant mal les hautes températures estivales, pour semer le doute dans l'armée de Todt et entretenir le suspense au championnat.

Mais alors que, dans le camp de l'Allemand, on a parfaitement réagi et toujours trouvé la parade au moment opportun, en retrouvant à chaque fois le chemin de la victoire devant les tifosi d'Imola, puis de Monza, chez leurs adversaires, parfois intouchables grâce à la supériorité dans certaines circonstances de leurs Michelin, on a manqué quelques belles occasions.

Williams moins fiable

Chez Williams, par exemple, on est loin des 100pc de fiabilité de la F 2003-GA de Schumi, qui n'a plus abandonné sur panne mécanique depuis 38 courses. Le bris de son V 10 BMW a coûté deux succès à Juan Pablo Montoya, ce dernier ayant perdu deux autres GP de sa propre faute. Cela suffit à expliquer son retard au championnat.

Ajoutez la pénalité injustifiée lui coûtant encore quelques unités à Indianapolis, et vous comprendrez pourquoi le Sud-Américain nourrit des regrets.

En ne rapportant que cinq unités à son écurie, lors des six derniers GP, Ralf Schumacher, qui n'a vraiment réussi que trois courses en milieu de saison, peut estimer qu'il a coûté le titre constructeurs à Frank Williams. Trop inconstant, l'Allemand semble avoir perdu la tête depuis son crash à Monza.

Chez McLaren-Mercedes, on peut estimer avoir bien limité les dégâts avec la MP 4-17D, la MP 4-18 se faisant plus qu'attendre. Bien sûr, là aussi, on peut refaire le championnat en se disant que, sans un bris de moteur au Nürburgring alors qu'il menait la course, sans deux crashes au départ et deux erreurs de jeunesse en qualifications, Raïkkonen aurait pu profiter des passages à vide de Ferrari pour entrer dans l'histoire en remportant son premier titre à 23 ans. Avec dix podiums (une seule victoire, en Malaisie), contre trois à son équipier, le Finlandais a une fois de plus démontré les limites du dévoué David Coulthard qui a néanmoins resigné. Comme quoi, chez McLaren-Mercedes, il n'y a pas que le résultat qui compte.

© Les Sports 2003

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