Le golf est un jeu et doit le rester

Le jeune golfeur belge, Nicolas Colsaerts, peut voir l'avenir en rose. Quelques jours à peine après avoir fêté son 18e anniversaire, il jouera l'année 2001 au plus haut niveau. Il a en effet obtenu son passe-droit pour le Tour Européen. Portrait de cette nouvelle étoile belge et pourquoi pas européenne

RENAUD HERMAL

PORTRAIT

Relax et sympa. Tels sont les deux mots qui viennent à l'esprit des personnes qui le côtoient régulièrement. Nicolas Colsaerts est ainsi fait et pour tout dire, on ne lui connaît pas d'ennemis sauf ceux qu'il a déjà dévorés tout au long de sa courte mais déjà riche carrière. Il faut dire que derrière un visage encore adolescent se cache un golfeur redoutable et redouté.

Né à Bruxelles le 14 novembre 1982, Nicolas Colsaerts a connu une ascension fulgurante. Passons les titres nationaux acquis en catégories de jeunes (minimes, cadets et scolaires), passons les victoires dans les plus grands tournois amateurs belges, Colsaerts possède une carte de visite remarquable. A 14 ans, il se classe deuxième au grand British Open juniors. Un an plus tard, il est sélectionné dans l'équipe européenne avant d'être présent dans l'équipe de Ryder Cup juniors! Il termine son année avec une dixième place à l'Orange Bowl à Miami considéré comme le championnat du monde des jeunes.

En 1998, les premières victoires sur la scène internationale se présentent à lui: championnat international néerlandais, Mercedes Air-France à la Réunion, la Coupe des nations en Espagne. La suite est encore plus belle avec une 5e place à l'Orange Bowl et une 6e au championnat d'Europe.

A l'automne 99, les choses sont claires: Nicolas est à l'aube d'une carrière vraisemblablement exceptionnelle. Ses parents ne sont certainement pas étrangers à cet état de fait. Très vite, ils se sont rendu compte que leur enfant avait un don. Auparavant, ils avaient fait LE choix important: Nicolas est inscrit dans une école privée lui permettant ainsi de vivre sa passion sans se soucier d'un poids qui aurait déjà pu en dégoûter plus d'un. Toutes les conditions étaient dès lors réunies pour faire de cette saison 2000 la dernière dans la peau d'un joueur amateur.

Je veux emmagasiner le plus d'expérience possible avant de faire le grand saut dans le monde des pros, nous disait-il il y a quelques mois.

Aujourd'hui, la mission est accomplie. Nicolas Colsaerts gagne les deux titres amateurs les plus prestigieux en Belgique et se distingue brillamment aux quatre coins de l'Europe (victoire au championnat d'Europe des moins de 21 ans, et deuxième à l'Open du Luxembourg comptant pour le Challenge Tour). Reste à franchir l'étape la plus importante de la saison, le tournoi de tous les bonheurs mais aussi, souvent, celui de tous les malheurs: les qualifications pour le Tour européen. Véritable loterie où plus de 400 golfeurs européens tentent d'atteindre l'une des 35 places qualificatives donnant accès au PGA European Tour.

Pour ce faire, Colsaerts doit renoncer à l'Open de Belgique pour se rendre au premier tour, synonyme de premier succès. Et une étape de passée. Ensuite, tout s'enchaîne à la vitesse de l'éclair. En compagnie de Michel Vanmeerbeek comme caddy, son entraîneur mais aussi et surtout un ami, il passe sans encombre la deuxième barrière avant d'impressionner la galerie lors de l'ultime challenge en terminant à la 4e place alors qu'il était pointé en tête à mi-parcours.

En Espagne, il crée la sensation au point même que les journaux britanniques lui accordent une place de choix dans leurs pages. Le Times ose même une comparaison avec Sergio Garcia, la jeune star espagnole passée pro aussi à 18 ans: Colsaerts comme Garcia joue un jeu de miroir en trouvant le jeu facile.

Car s'il y a bien un point qui différencie Nicolas de la majorité des autres joueurs, c'est bien le fait que le Bruxellois joue en s'amusant et pour s'amuser. Une nuance importante dans le monde du golf professionnel.

Je n'ai pas de rêve comme je n'ai pas d'idole, je veux juste rester moi-même, tient-il à souligner. Juste, car il n'existe pas deux Nicolas Colsaerts. A 18 ans, il s'est forgé une image, sa propre image. Relax et sympa.

© La Libre Belgique 2000