Nicolas Colsaerts s'est entouré d'une équipe de gagnants

RENAUD HERMAL

ENTRETIEN

En rentrant en Belgique après les qualifications, j'ai eu l'impression que l'on venait de gagner au Lotto. Or, ce n'est pas du tout ça. Cette performance est due au travail fourni depuis des années et elle ne tient pas de la chance. Ainsi parle Michel Vanmeerbeek, l'entraîneur, le coach mais aussi l'ami de Nicolas Colsaerts. Ces deux amoureux du golf évoluent en parfaite symbiose. Très vite, la relation professeur-élève tourna en une franche et sincère amitié. Aujourd'hui, même si M.Vanmeerbeek s'occupe aussi d'autres joueurs professionnels comme Langenaeken et De Vooght, il ne fait aucun doute que leur réussite respective sont liées, même si cela fait déjà quelques années que la réputation du professeur n'est plus à faire. Je n'ai pas fait Nicolas, il s'est fait tout seul, signale-t-il pourtant. Tout cela pour dire que l'entourage de Colsaerts est ce qui se fait de mieux en Belgique actuellement. Client de IMG depuis quelques jours, le Bruxellois s'est entouré d'une équipe au potentiel technique (coach et préparateur physique), affectif (parents et amis) mais aussi financier important. Colsaerts n'aura plus qu'à se soucier de son golf et de son jeu. L'état d'esprit idéal à l'aube d'une nouvelle vie. La saison qui nous attend est un point d'interrogation, explique Vanmeerbeek. Le mot-clé sera une bonne organisation. Il faudra trouver l'équilibre entre jouer les tournois pour marquer des points et continuer à progresser en s'entraînant. C'est assurément l'une des données importantes d'une première saison sur le Tour où chaque jour sera une découverte dans un monde inconnu. Je découpe la saison en trois phases distinctes, poursuit l'entraîneur. Tout d'abord, de janvier à mars, lors des tournois dans l'hémisphère Sud, il faudra se lancer en jouant le plus possible. On ira en quelque sorte à la pêche. Ensuite, lors du retour en Europe, Nicolas aura déjà acquis une certaine expérience, d'où l'espoir de faire quelques bons résultats. En août, il sera alors temps de faire le premier bilan qui déterminera la façon dont il faudra traiter la dernière phase: soit il faudra se battre pour garder sa carte, soit, étant rassuré sur ce point, on pourra continuer à pousser pour réaliser de belles performances.

Le langage de Vanmeerbeek est net et précis. Rien ne peut être laissé au hasard. La stratégie qui sera adoptée est déjà élaborée. Si la finale de la saison s'est très bien passée, c'est parce que nous n'avons pas tenu compte des résultats. Il ne faut pas penser au cut et calculer chaque soir sa position par rapport à ce couperet. Nous continuerons à faire abstraction des mathématiques, c'est essentiel pour réussir. Reste encore une incertitude. Qui sera le caddy de Colsaerts? Le choix entre une pointure, un ami ou encore un caddy expérimenté n'est pas encore défini. On verra en février, dit Michel Vanmeerbeek qui ne s'est pas proposé On ne peut pas tout faire.

© La Libre Belgique 2000