Mohammed Mourhit positif à l'EPO

Le mystère Mourhit s'est subitement éclairci, ce vendredi, sur le coup de 19h. Invisible depuis le début de la saison estivale, Mohammed avait une sérieuse raison de ne pas se montrer. Non pas cette fameuse blessure à la cuisse, consécutive à des douleurs dorsales, qu'il s'est obstiné à invoquer. Non! Mohammed Mourhit a été contrôlé positif à l'EPO, le 4 mai, soit la veille des championnats du monde de semi-marathon à Bruxelles !

Guy Beauclercq

Le mystère Mourhit s'est subitement éclairci, ce vendredi, sur le coup de 19h. Invisible depuis le début de la saison estivale, Mohammed avait une sérieuse raison de ne pas se montrer.

Non pas cette fameuse blessure à la cuisse, consécutive à des douleurs dorsales, qu'il s'est obstiné à invoquer. Non! Mohammed Mourhit a été contrôlé positif à l'EPO, le 4 mai, soit la veille des championnats du monde de semi-marathon à Bruxelles! Aucun doute: il était au courant du résultat (dramatique pour lui...) de ce contrôle inopiné exercé par l'IAAF.

Taux d'hématocrite élevé

C'est, du reste, Nick Davies, responsable de la Communication de la fédération internationale, qui a confirmé l'information. `Mohammed Mourhit a été contrôlé dans le cadre de notre lutte contre le dopage et, en particulier, celui à l'EPO! explique-t-il. Le contrôle a été effectué le samedi 4 mai. Il s'est déroulé en deux temps. Un test sanguin, d'abord. Un test urinaire, ensuite. C'est la procédure lorsque des anomalies sont constatées lors du premier test. Visiblement, l'hématocrite de Mohammed Mourhit était anormalement élevé. Pour l'heure, je n'ai aucune idée du taux. Par contre, il a également été déclaré positif à un diurétique, dont je ne peux préciser le nom.´

Des précisions, nul doute que les jours prochains en apporteront.

En attendant, la procédure disciplinaire exige que l'athlète puisse s'expliquer. C'est pourquoi Mohammed a été convoqué le jeudi 1er août devant la Commission ad hoc de la fédération belge. Hélas! il est peu probable que ces explications tiennent la route, dans la mesure où les deux échantillons prélevés se sont révélés positifs.

Carrière terminée?

Mourhit risque donc une suspension de deux ans, autrement dit une fin de carrière anticipée. Si toute cette affaire nauséabonde se confirme, Mohammed serait l'un des premiers athlètes contrôlés positifs à l'EPO.

`Les tests ne datent que d'il y a un an! poursuit Nick Davies. Souvenez-vous de l'affaire Yegorova... Depuis, le marathonien italien Roberto Barbi, 60e aux championnats du monde d'Edmonton, est également tombé dans nos filets.´

Et le suivant fut donc Mohammed Mourhit, double champion du monde de cross-country, triple recordman d'Europe (3000, 5000, 10000 m), mais quel crédit accorder encore à ces performances après cette véritable bombe?

© Les Sports 2002


Depuis Monaco où il assiste à la Golden League, Wilfried Meert, le `patron´ du Mémorial Van Damme, avouait son incrédulité: `Je ne comprends pas! Du moins, je ne vois pas quel était l'intérêt de Mourhit de prendre de l'EPO alors qu'il s'alignait à Bruxelles sans ambition personnelle. Si Mohammed avait été contrôlé positif en 2001, à Ostende, j'aurais concédé. Mais là, cette histoire me dépasse. D'autant qu'il a été régulièrement contrôlé à Ifrane, ces dernières années, en compétition et à l'entraînement. Il était négatif...´ De son côté, Gaston Roelants pense que Mohammed Mourhit ne se relèvera pas de ce contrôle. En apprenant la nouvelle, hier soir, il n'a pu contenir sa désolation: `C'est une catastrophe pour l'athlétisme belge. Les records qu'il a établis seront toujours remis en question désormais. Je n'avais jamais osé le dire mais, l'an dernier, lorsque Mourhit est passé de 8.18 en 7.37 en l'espace de 15 jours sur 3000m, j'en étais resté pantois. Vincent Rousseau avait raison quand il déclarait douter de la validité des performances de Mohammed Mourhit.´ © Les Sports 2002