Moscou, les Jeux du boycott

Décembre 1979, les chars soviétiques envahissent l'Afghanistan, un geste condamné par le président Jimmy Carter qui déclare en janvier: «L'intervention soviétique en Afghanistan affectera gravement les relations actuelles et futures entre nous et l'Union soviétique». En effet, le 20 janvier, c'est officiel, les Etats-Unis ne participeront pas à Jeux de Moscou.

Ch.Bl.

Décembre 1979, les chars soviétiques envahissent l'Afghanistan, un geste condamné par le président Jimmy Carter qui déclare en janvier: «L'intervention soviétique en Afghanistan affectera gravement les relations actuelles et futures entre nous et l'Union soviétique». En effet, le 20 janvier, c'est officiel, les Etats-Unis ne participeront pas à Jeux de Moscou.

A travers le monde, il y a ceux qui se rangent derrière les Etats-Unis (Japon, Canada, Corée du Sud, RFA,...), il y a les pays du bloc socialiste qui veulent participer sans condition et il y a les autres, mitigés (France, Espagne, Italie, Grande-Bretagne, Belgique,...) qui souhaitent envoyer leurs athlètes à titre individuel, sans hymnes ni drapeaux.

Le samedi 19 juillet à 16 heures, devant les yeux de Leonid Brejnev, 81 nations ont envoyé des athlètes. Il faut remonter aux Jeux de Melbourne en 1956 pour recenser une aussi faible participation. Tous les pays occidentaux réduisent leurs retransmissions télévisées et si les infrastructures moscovites se révèlent de premier plan, on s'ennuie ferme au village olympique surveillé par les membres de la milice. Tous les enfants moscovites entre 7 et 15 ans ont été envoyés à la campagne de façon à leur éviter tout contact avec la culture occidentale.

Razzia sur les médailles

Amputés de nations phares, ces Jeux se résument en un duel entre l'URSS et la RDA, dont les nageuses opèrent une razzia dans le bassin olympique. Pourtant, aucun athlète dopé n'a été recensé parmi les 1646 analyses pratiques. Il faut dire qu'à cette époque, la testostérone, hormone mâle n'est pas encore détectable...

Chez les Soviétiques, c'est le bel Aleksandr Dityatin qui fait fureur. Concourant dans sa ville natale de Moscou, Dityatin mène l'Union soviétique à la victoire au concours général par équipes, puis remporte le concours général individuel. Il se qualifie également pour les six finales aux engins. Le 25 juillet 1980, Dityatin décroche six médailles en une seule journée: l'or aux anneaux, l'argent à la barre fixe, aux barres parallèles, au cheval d'arçons et au saut de cheval, et le bronze aux exercices au sol. Dityatin est le seul athlète de l'histoire olympique à avoir remporté huit médailles au cours d'une seule et même édition des Jeux. Il est également le premier gymnaste à avoir obtenu la note parfaite de dix sur dix dans une compétition olympique, un exploit qu'il accomplit au saut de cheval.

En tout, l'URSS décroche 195 médailles sur 629 distribuées dont 80 en or. A Los Angeles en 1984, les Etats-Unis en décrocheront 174 mais 83 en or...

© La Libre Belgique 2004