«Filip Meirhaeghe était au-dessus du lot»

Il n'est pas habitué à ce que l'on parle autant de lui. Pour cause, depuis son arrivée dans le mountainbike, Roel Paulissen vit dans l'ombre de Filip Meirhaeghe. Ou plutôt vivait dans l'ombre. Depuis que le n°1 belge a été reconnu coupable de dopage à l'EPO deux semaines avant le début des JO, le Limbourgeois a changé de statut. C'est désormais sur ses seules épaules que reposent les espoirs de médaille belge. Une pression qui ne l'empêche pas de dormir.

«Filip Meirhaeghe était au-dessus du lot»
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DAVID LEHAIRE

Il n'est pas habitué à ce que l'on parle autant de lui. Pour cause, depuis son arrivée dans le mountainbike, Roel Paulissen vit dans l'ombre de Filip Meirhaeghe. Ou plutôt vivait dans l'ombre. Depuis que le n°1 belge a été reconnu coupable de dopage à l'EPO deux semaines avant le début des JO, le Limbourgeois a changé de statut. C'est désormais sur ses seules épaules que reposent les espoirs de médaille belge. Une pression qui ne l'empêche pas de dormir. Souriant et détendu, ce n'est pas sans ambition que le Belge est venu à Athènes où il disputera déjà ses troisièmes JO à 26 ans seulement. «A Atlanta, j'étais jeune et je découvrais quelque chose d'énorme tandis qu'à Sydney, je me suis planté. Depuis, j'ai pris de l'expérience et appris à gérer la pression.»

Il a aussi trouvé une parfaite aire de jeux dans les Dolomites italiennes. «C'est l'idéal pour grimper. Et plus tard, je m'y essaierai au biathlon, un sport fort répandu dans la région.» D'ici là, Paulissen entend bien gagner une médaille olympique. «Mon but est celui-là. Cela dit, ne comptez pas sur moi pour crier sur tous les toits que je veux l'or. Filip (Meirhaeghe, NdlR) pouvait annoncer la couleur avant une course parce qu'il était au-dessus du lot. Mais, moi, je n'ai pas son palmarès.»

Quand il parle de Meirhaeghe, son ami, les yeux de Paulissen se voilent de noir. «Le jour où il a appris son contrôle positif, Filip m'a appelé. Nous devions aller ensemble à une conférence de presse. Il m'a annoncé que je devrais m'y rendre seul parce qu'il avait été contrôlé positif. J'étais abasourdi. Depuis lors, je ne l'ai plus eu au téléphone. J'ai bien essayé de l'appeler à plusieurs reprises, mais en vain...»

Depuis, Roel prépare ces JO comme jamais. Lui qui, en début d'année, ne savait pas encore qui de la Coupe du monde ou des Jeux il privilégierait, a choisi. Depuis qu'il a rejoint ses compatriotes au village samedi, il a déjà reconnu le parcours. «Il aurait mieux convenu à Meirhaeghe qui est plus explosif que moi, dit-il. La course se gagnera en côte plutôt qu'en descente. (...) D'un côté, l'absence de Filip peut servir mes intérêts car c'est le gros favori qui n'est plus là.»

© Les Sports 2004

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