Emotions. Le maître mot d’une année sportive 2009 qui aura fait la part belle aux sentiments. L’admiration, pour l’Américaine Lindsay Vonn, reine des neiges. Le doute, quand la Sud-Africaine Caster Semenya affiche sa musculature herculéenne à l’issue de sa victoire aux Mondiaux sur 800 m. L’extase, au moment d’intégrer l’immense exploit de Kim Clijsters sur le sol américain. La nostalgie, à l’annonce du retour de Justine Henin. Enfin, avec la surprise, la compassion et le soulagement, Yanina Wickmayer s’est, souvent malgré elle, retrouvée sous les feux des projecteurs. Retour sur une année d’exception.

Kim Clijsters a sans nul doute créé la plus grosse sensation. Deux ans après avoir mis un terme à sa carrière, la Limbourgeoise se lance dans une seconde carrière. Maman et épouse épanouie, elle prévient : il ne faudra pas se montrer trop exigeant avec une joueuse devant composer désormais avec les obligations parentales. Mais on le sent dès sa rentrée, à Cincinnati et Toronto, la Belge n’a rien perdu de son talent. A l’US Open, au terme d’un parcours irréprochable. Kim Clijsters reconquiert un trophée qu’elle avait déjà soulevé en 2005. Tout simplement grandiose.

Yanina Wickmayer est passée par toutes les couleurs. Du rouge quelque peu honteux d’un début de saison calamiteux, au rose qui irisait tout à coup sa vie lors de son accession aux demi-finales de Flushing Meadows. Mais l’Anversoise a dû hélas passer par le vert. Foncé d’abord, de rage à l’annonce de sa suspension, il s’éclaircit pour devenir synonyme d’espoir. Mais l’épée de Damoclès pend toujours

Serena Williams, enfant terrible du tennis, s’est, elle aussi, distinguée de différentes manières. Si c’est son coup de sang contre une frêle juge asiatique en demi-finale de l’US Open face à Kim Clijsters qui a marqué les esprits, il ne faut pas oublier que Serena a aussi dominé le circuit WTA. L’Américaine a bouclé l’année à la première place mondiale, décrochant deux titres du Grand Chelem au passage.

Justine Henin, sans beaucoup fouler les courts, a pourtant été bien présente dans les médias. Si c’est l’annonce de son retour qui a retenu l’attention, "Juju" entend surtout apposer sa griffe sur 2010.

Lindsey Vonn, reine des neiges, a tout raflé en 2009. Aux Mondiaux de Val d’Isère, la skieuse originaire du Minnesota décroche l’or en descente et en super-G, deux disciplines dont elle dominera aussi la coupe du monde. Bien sûr, l’Américaine s’est adjugé le grand Globe de Cristal, mais sa polyvalence lui a valu a également de terminer à la troisième place de la coupe du monde de slalom et à la deuxième du combiné.

Caster Semenya a défrayé la chronique aux Mondiaux de Berlin. Insolente de domination, la Sud-Africaine, avec son physique masculin et ses postures viriles, laisse le public et le monde de l’athlétisme perplexes. Si l’athlète hermaphrodite conservera d’office son titre mondial sur 800m - une décision diplomate de la Fédération internationale -, on attend encore le résultat d’un test plus précis sur son genre sexuel.

Yelena Isinbayeva a une fois de plus survolé les stades et placé la barre du record du monde à la perche un peu plus haut. La Russe a remporté le magot de la Golden League.

Sanya Richards n’a pas non plus loupé les lingots d’or à l’issue d’une saison particulièrement riche. Sacrée sur 400m et 4x400m à Berlin, l’Américaine d’origine jamaïcaine a été élue athlète de l’année.

Blanka Vlasic, la Croate, a prouvé qu’elle était toujours à la hauteur. Laure Manaudou, au contraire, ne se sent plus comme un poisson dans l’eau et l’a fait savoir à la planète entière. Que ce soient nos relayeuses du 4x100m ou notre équipe de bobsleigh, sans oublier les Wozniacki, ou Mauresmo, elles furent encore nombreuses à écrire 2009. En attendant 2010 qui s’annonce grandiose, à toutes, simplement merci.