De Paris à Berlin, en passant par Liège, les gladiateurs des temps modernes ont écrit, en 2009, certaines des pages les plus marquantes de l’histoire du sport. Du sourire retrouvé de Roger Federer à la main en panier de Thierry Henry, des éclairs de Bolt aux mains au panier de Woods et du crâne de Bolat au front de Massa, petit coup d’œil dans le rétro vers une année de records et d’exploits.

Usain Bolt, est sans doute le sportif de 2009. Dans la foulée, plutôt grande et véloce, des JO de Pékin, Bolt "l’Eclair" a ébloui la planète entière lors des Mondiaux de Berlin. Le Jamaïquain a une nouvelle fois défié les lois de la nature, abaissant les records du monde des 100 m (9.58), 200 m (19.19).

Roger Federer, sans avoir quitté le circuit ATP, est l’auteur du plus beau come-back sportif de l’année. En larmes à Melbourne, il voit Rafael Nadal s’installer peu à peu sur son trône. De plus, les jeunes loups comme Andy Murray et Novak Djokovic ne plient plus sous ses coups. Le Suisse est cuit; du moins, c’est le destin que la presse lui prédit. Avec la venue de la saison de terre battue, le déclin semble inévitable mais "Rodgeur" ne s’avoue pas vaincu. Alors que Roland -Garros est censé venir consacrer le nouveau roi "Rafa", un certain Robin sort du bois et écarte le maître de Paris. Comme libéré, Federer remporte le seul tournoi du Grand Chelem qui manquait à son palmarès, avant de supplanter Pete Sampras au panthéon du tennis, en signant sa quinzième victoire en Grand Chelem à Wimbledon.

Lance Armstrong n’a pas remporté son huitième Tour de France et, en quelque sorte, a perdu son "Paris". Mais l’Américain controversé n’a pas à rougir d’une remise en selle signe de son rang. Quatre ans après avoir raccroché son vélo, le "Boss" a eu le malheur de se retrouver face au nouveau "Cannibale", l’Espagnol Alberto Contador. Troisième à l’issue de la Grande Boucle, le vétéran a tenu tête à tous les caïds du peloton, mais face aux coups de fusils d’un Contador tout simplement intouchable, le Texan a dû s’incliner. Non sans fomenter par la suite une révolution prévue pour 2010 et nommée "Radio Shack".

Philippe Gilbert aura rongé son frein pendant tout un semestre, à l’image d’une équipe Lotto qui a longtemps couru après un premier succès. Mais le Liégeois a terminé l’année en roue libre. Son incroyable quadruplé en fin de saison (Coppa Sabatini, Paris-Tours, Tour du Piémont et Tour de Lombardie) lui permet d’être élu sportif de l’année et de recevoir le Mérite sportif 2009.

Tom Boonen a, pour sa part, connu une saison agitée. Porté aux nues après sa démonstration sur les pavés de Paris-Roubaix, le coureur de la QuickStep franchit une autre ligne blanche qu’il aurait pourtant dû éviter. Privé de Tour de France un an plus tôt dans un contexte similaire, Boonen, bardé d’avocats et d’un nouveau maillot de champion de Belgique, ne compte pas louper la Grande Boucle deux fois de suite. Pourtant, sur les routes de l’Hexagone, le sprinter anversois se montrera très discret, quasi transparent.

Sinan Bolat aura fait des pieds et des mains et une tête, pour offrir aux Rouches de nombreux sursis. Le Belgo-turc, après avoir rapidement fait oublier le fougueux Espinoza, était érigé en héros par ses équipiers lorsqu’il déviait le penalty de Ruiz dans les dernières secondes de la dernière journée de championnat. Son arrêt propulsait le Standard vers les test-matches face à Anderlecht et vers un deuxième titre consécutif. Six mois plus tard, face à l’AZ Alkmaar, le portier se muait en buteur pour qualifier, dans le temps additionnel, les champions de Belgique pour l’Europa League. Son coup de tête a fait le tour du monde. Tout comme les images de l’incident entre Witsel et Wasilewski. Le premier, auteur d’un geste aussi déplorable qu’inutile, aura finalement été davantage médiatisé pour la fracture causée au Polonais que pour son sacre au Soulier d’Or.

Lionel Messi , le lutin magique du Barça aura vécu une année 2009 idyllique avec le club catalan. Au total, il décroche six titres en douze mois, dont la prestigieuse Ligue des Champions où il inscrira le deuxième but des siens face à Manchester United. Désigné Ballon d’Or 2009 à une quasi -unanimité à 22 ans à peine, le prodige argentin a pratiquement remporté toutes les distinctions individuelles.

Jenson Button et Ross Brawn sont indissociables dans le doublé pilote-constructeur de l’écurie britannique. Le champion du monde 2009 avait pourtant été rangé dans la catégorie des pilotes "finis" à quelques semaines du début de la saison et surtout à l’annonce du retrait de Honda de la F1. L’incroyable aventure des Brawn GP et de leurs "papys" au volant aura surpris tous les amateurs du genre.

Diego Maradona et ses propos incendiaires, la disparition de Frank Vandenbroucke, le visage ensanglanté de Massa, percuté par un ressort, les déboires de Tiger Woods, la suspension de Malisse ou la main de Thierry Henry. Des événements qui ont marqué 2009, comme tant d’autres marqueront, on l’espère, l’année à venir.