François Gabart : un homme pressé

Si le surnom de "Petit prince" n’était pas attribué à Laurent Bourgnon, sûr qu’il collerait au ciré de François Gabart, 29 ans, plus jeune vainqueur du Vendée Globe.

Ch. Bl.
François Gabart : un homme pressé
©Photo News

Si le surnom de "Petit prince" n’était pas attribué à Laurent Bourgnon, sûr qu’il collerait au ciré de François Gabart, 29 ans, plus jeune vainqueur du Vendée Globe.

Jeune, beau, blond, talentueux et pressé puisqu’en 78 jours, 02 heures et 16 minutes, François Gabart a battu de plus de 6 jours le précédent record de Michel Desjoyeaux, son mentor. Plus vite que Jules Verne ne l’avait imaginé et plus rapide aussi que Bruno Peyron qui fut le premier à descendre sous la barre mythique des 80 jours, il y a exactement 20 ans, sur un catamaran mené en équipage

Cet ingénieur de formation a littéralement brûlé les étapes puisqu’il y a quatre ans, il démarrait sa première saison en classe Figaro. Le temps qu’il faut pour taper dans l’œil des cadors de la voile, Michel Desjoyeaux en tête. Persuasif, il a convaincu son sponsor, Macif, d’investir dans un 60 pieds (2 millions d’euros de budget par an sur 4 années). Homme qui sait ce qu’il veut, il s’est engagé dans la vie avec Henriette Gill, une Norvégienne dont il partage la blondeur et qui lui a donné un petit Hugo. Aujourd’hui, il s’impose dans le Vendée Globe, le Graal des solitaires. Excusez du peu, excusez du prou.

Il "y" pense dans l’Indien

Favori, François Gabart l’était pour son talent et son matériel mais certainement pas davantage que d’autres, qui avaient l’expérience en plus. "Je pense que je suis parti sur cette course sans l’optique de gagner. Avec Macif, on voulait faire une belle course. Dire que je voulais finir premier, ça aurait été trop ambitieux avant le départ. Mais à un moment donné, quand on était dans l’Indien et que j’ai doublé Armel, je me suis dit que je pouvais jouer la gagne", a-t-il affirmé une fois la ligne franchie.

Puis, ce fut la lutte, intense, avec Armel Le Cléac’h (Banque Populaire), surnommé le "Chacal". Figaristes tous les deux, ils ont régaté quasi à vue pendant quelques semaines et ce n’est finalement qu’un petit détail qui est venu départager les duettistes. Dans la remontée de l’Atlantique Sud, Le Cléac’h tire un bord trop à l’Ouest au large de l’Argentine, Gabart s’échappe.

Englué ensuite dans le Pot au Noir, le skipper de Macif garde la tête froide et une centaine de milles d’avance, assez pour contenir le sistership Banque Populaire. "Grâce ou à cause d’Armel, j’ai vécu quelque chose d’une intensité incroyable. On s’est tiré la bourre pendant deux mois."

Un poil lisse dans sa communication, le "Petit prince" du Vendée Globe a quelque peu brisé la glace une fois la ligne franchie, avouant une avarie dès le 5e jour de course : "Au début, je voulais partager ce que je vivais de manière spontanée. Et puis est arrivé rapidement ce problème de moteur et du coup, j’ai revu ma façon de partager les choses. Ça aurait pu être perçu comme une faiblesse et par la suite, j’ai préféré garder les choses pour moi."

Vainqueur ou pas, on ne sort pas indemne d’un Vendée Globe : "J’ai énormément appris sur moi, j’ai appris qu’on avait des limites qui étaient très, très loin, que le corps humain, l’homme, peuvent faire de belles choses. Sur un Vendée Globe, il faut la foi, sinon c’est une punition", a-t-il ajouté.

François Gabart va enfin pouvoir se reposer et jouir de son nouveau statut d’idole des houles.

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