Suspension des Russes pour les JO : c’est aux fédérations internationales de jouer

En confiant aux fédérations internationales le soin de trier parmi les sportifs russes, le CIO a indiqué plusieurs critères stricts qu’elles devront respecter. Et notamment celui de ne retenir aucun athlète ayant été condamné pour dopage dans le passé, quand bien même il aurait déjà purgé sa peine.

Laurent Monbaillu
Suspension des Russes pour les JO : c’est aux fédérations internationales de jouer
©AFP

Des critères très stricts devront être respectés concernant la possible suspension des athlètes russes.

En confiant aux fédérations internationales le soin de trier parmi les sportifs russes, le CIO a indiqué plusieurs critères stricts qu’elles devront respecter. Et notamment celui de ne retenir aucun athlète ayant été condamné pour dopage dans le passé, quand bien même il aurait déjà purgé sa peine.

Pour sélectionner les sportifs réellement "propres", les fédérations internationales devront aussi "étudier avec soin" le CV antidopage des candidats en s’assurant qu’ils ont tous subi des "contrôles crédibles", et donc faits ailleurs qu’en Russie. Elles devront aussi "examiner les informations contenues dans le rapport d’enquête indépendante" et chercher à "obtenir de l’Ama les noms des athlètes et des fédérations nationales impliqués". Les athlètes jugés éligibles seront finalement soumis "à un programme rigoureux de contrôles hors compétition supplémentaires", précise le communiqué du CIO.

1. Combien les Russes seront-ils ?

Une certitude : il y aura Darya Klishina, la seule athlète repêchée par la Fédération internationale d’athlétisme. Mais qu’en sera-t-il des volleyeurs, champions olympiques à Londres, des lutteurs, revenus d’Angleterre avec 11 médailles, ou d’Aliya Mustafina, la gymnaste en or olympique aux barres asymétriques ? Les autres fédérations seront-elles aussi strictes que l’IAAF ? Mercredi, le Comité olympique russe avait couché 387 noms au total sur sa liste pour Rio. Ils ne sont déjà plus que 320 avec l’exclusion définitive de 67 des 68 athlètes engagés.

2. Quelle est la réaction des fédérations ?

Certaines fédérations ne semblaient pas pressées de prendre des sanctions. L’IAAF, elle, "est prête à offrir assistance", a-t-elle annoncé. "Nous avons créé et vécu ce processus. Nous savons comme c’est dur, émotionnellement et rationnellement, de le mener à bien." L’ITF, la Fédération internationale de tennis, fut prompte à réagir : les joueurs russes seront bien du voyage. Il s’agit d’Andrey Kuznetsov, Evgeny Donskoy, Teymurz Gabashvili, Svetlana Kuznetsova, Anastasia Pavlyuchenkova, Darya Kasatkina, Ekaterina Makarova et Elena Vesnina.

3. Et si les fédérations ne jouent pas le jeu ?

Si elles refusaient de jouer le jeu, le dernier mot resterait au CIO. La règle 44 de la Charte olympique lui donne le droit d’accepter ou non l’inscription de chaque sportif. Le casse-tête semble insoluble, à 12 jours du coup d’envoi des JO. Car il faudra aussi compter avec les inévitables recours des athlètes russes recalés, devant le Tas. On peut ainsi craindre une situation où certains sportifs russes seraient déclarés inéligibles… après les Jeux de Rio ! 

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