Neuville domine puis sort... fort  !

Bernard Verstraete

Le Rallye d’Ypres reste décidément une épreuve difficile pour tout le monde, même pour un candidat champion du monde. Thierry Neuville en a fait l’amère expérience. Après avoir été battu (d’un dixième de seconde) par Bryan Bouffier dans la spéciale d’ouverture, il avait pris la tête et menait les débats, mais de peu devant le Français. “Tout va bien”, rassurait Thierry au premier retour des concurrents à Ypres après la première boucle. “Il faut juste que je m’adapte à cette voiture nouvelle pour moi. Ca demande un peu de temps.

Malgré le contexte, le pilote Hyundai s’était ménagé un avantage de 4:01 avant d’en perdre un peu dans le 5e chrono. “Une petite perte de puissance momentanée, peut-être due à l’ouverture de la pop off valve”, ajoutait Thierry. “L’équipe va résoudre ça à l’assistance. Et ça va aller mieux dans la 2e boucle. Nous étions partis avec une suspension trop souple. Je l’ai durçie après chaque spéciale. Les routes sont aussi beaucoup plus glissantes que prévu. Maintenant, nous avons nos repères.

Sans doute pas suffisants quand même puisque dans le chrono suivant, Neuville se laissait piéger et, après quatre tonneaux, la Hyundai terminait au fond d’un profond fossé, bien endommagée.

Bryan Bouffier, qui découvrait également la Skoda Fabia du team BMA, héritait ainsi du commandement. “Je m’apprêtais à contacter Bernard Munster pour m’informer sur les conditions de location de la Skoda pour le Condroz et c’est lui qui m’a appelé pour me proposer de rouler avec sa voiture à Ypres”, explique le Français, habitué des avants-postes dans le Westhoek. “Je confirme que la Fabia est une voiture facile à prendre en mais. Tout va bien.

En accrochant le rythme de Neuville, Bouffier s’était ménagé une belle avance d’une vingtaine de secondes. Mais son poursuivant Kevin Abbring ne s’avouait évidemment pas battu. On s’acheminait donc vers un duel franco-néerlandais pour la victoire samedi soir.

Derrière, un autre duel tenait les suiveurs en haleine: celui opposant les autres animateurs habituels du Championnat de Belgique en Skoda Fabia, Kris Princen et Vincent Verschueren, qui se livraient à un joli chassé-croisé. Auteur de beaux chronos, Kevin Demaerschalk aurait pu se mêler à leur lutte mais une crevaison lente lui a coûté une dizaine de secondes. Moins grave que les sorties éliminatoires de Bécaert, de Dilley, du Hollandais Van den Heuvel et des Britanniques Bogie et McCormack. Ou que les ennuis de moteur sur la Hyundai de Basso, qui était devancé par les jeunes Cronin, Ahlin et Cave, et surtout par Bernd Casier, son principal concurrent en TER, qui occupait une belle 6e place sur sa Fiesta R5. A ce rythme, combien restera-t-il de voitures à l’arrivée?