La bucket list d'un papy l'emmène… en finale des championnats du monde de poker

John Hesp a 64 ans, il est semi-retraité dans la location de caravanes en Angleterre et joue environ une fois par mois au poker, le plus souvent pour des mises de 10 livres sterling. Cet été, il a demandé à sa femme la permission d'aller à Las Vegas investir 10.000 dollars dans les championnats du monde de poker. Un coup de folie qui lui assure aujourd'hui un gain minimum d'un million de dollars.

Nicolas Christiaens
La bucket list d'un papy l'emmène… en finale des championnats du monde de poker
©AP

John Hesp a 64 ans, il est semi-retraité dans la location de caravanes en Angleterre et joue environ une fois par mois au poker, le plus souvent pour des mises de 10 livres sterling. Cet été, il a demandé à sa femme la permission d'aller à Las Vegas investir 10.000 dollars dans les championnats du monde de poker. Un coup de folie qui lui assure aujourd'hui un gain minimum d'un million de dollars.

En 2015, le Carolo Pierre Neuville devenait le joueur le plus âgé à atteindre la table finale des championnats du monde de poker et terminait finalement 7e. Un an plus tard, le Gantois Kenny Hallaert était le deuxième belge à réussir cet exploit en prenant une magnifique 6e place pour un gain de 1.464.258 dollars ! Alors, jamais deux sans trois pour les joueurs de poker belge? Malheureusement, l'adage ne s'est pas vérifié et aucun d'entre eux n'est parvenu à se hisser parmi les 9 survivants de cette édition 2017 qui a rassemblé 7.221 joueurs, qui se sont tous acquittés d'un droit d'entrée de 10.000$, promettant 8.150.000 dollars au vainqueur.

Pour passer de 7.221 inscrits à 9 finalistes, il a fallu 7 jours complets de jeu, à raison de 11 heures par jour en moyenne. Evidemment, les meilleurs joueurs finissent par émerger, à l'image d'un certain… Kenny Hallaert, qui a pris une magnifique 64e place pour 101.444 dollars un an après sa finale. Autre grosse performance belge: celle de Matthias De Meulder. L'Anversois a terminé 78e pour 85.482 dollars de gains. Mais comme toujours, ce sont les neuf finalistes de ce tournoi sur-dimensionné qui retiennent l'attention. Parmi ces neuf survivants, qualifiés ce mardi matin (heure belge, la nuit étant bien entamée à Las Vegas) pour la finale, un joueur sort du lot.


Le Donald Trump du poker

John Hesp arbore fièrement un chapeau de type panama et une veste de costard multicolore à la table de poker. Ce natif de Bridlington, près de Yorkshire, est propriétaire d'une compagnie qui loue des caravanes. Il joue au poker de manière récréative depuis vingt ans, à raison d'une fois par mois. Son meilleur résultat avant ce championnat du monde ? Une première place dans un tournoi à 10 livres sterling, dans un casino proche de chez lui, pour un gain de 785 livres. "Je suis au poker ce que Donald Trump est à la politique: un amateur", expliquait-il ce dimanche, alors qu'il n'en était qu'au 5e des 7 jours de son incroyable "run" et faisait déjà parler de lui.

Père de 4 enfants et grand-père de 7 petits-enfants, John participe pour la première fois aux championnats du monde de poker. "C'est mon quatrième séjour à Vegas, mais je n'avais joué que des petits tournois les trois premières fois. Et même en dehors de Vegas, c'est tout simplement ma première grande compétition. J'avais mis ces championnats du monde sur ma bucket list depuis un moment et il y a trois mois, j'ai demandé à ma femme si ça la dérangerait que je réalise ce rêve cet été..."

Mais alors qu'il s'attendait probablement à prendre son pied pendant une ou deux journées, voire, au mieux, à survivre pendant trois jours pour entrer dans le top 1000 synonyme de place payée, afin d'obtenir un retour sur investissement, John Hesp a fait bien plus que ça. Car en se qualifiant pour la finale à neuf, il est assuré de remporter un million de dollars. "Ce n'est pas vraiment une question d'argent mais plutôt une question de challenge" déclarait-il alors qu'il n'était encore assuré "que" d'un gain à cinq chiffres. "Mais évidemment, l'argent sera utile et me permettra d'emmener ma femme en vacances pour la remercier de m'avoir laissé réaliser ce rêve. Et puis, je gâterai les enfants".

La bucket list d'un papy l'emmène… en finale des championnats du monde de poker
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John va finalement pouvoir faire bien plus que ça: il est actuellement deuxième en jetons, derrière un Américain et devant deux Français, trois Américains, un Argentin et un autre Britannique. Ce "tapis" de plus de 85 millions de jetons fait de lui l'un favoris pour le titre suprême et les 8.150.000 dollars de gain. La finale débutera jeudi, il n'a donc que deux jours pour se remettre de ses émotions et payer un billet d'avion à ses supporters, pour les faire venir de Grande-Bretagne. Car jusqu'ici, John était l'un des seuls à n'avoir aucun de ses proches dans le public.

Quelques heures avant sa qualification pour la finale, la chaîne américaine ESPN l'avait interrogé pendant un break de 20 minutes: "Je ne ressens aucune pression. Mentalement et physiquement je me sens bien… Je suis quantième là ? Deuxième en jetons ? C'est génial, c'est l'une des meilleures expériences de ma vie. Je ne comprends rien à ce qui m'arrive mais j'ai des jetons, je joue le poker que j'aime, je m'amuse beaucoup."



C'est ce que les joueurs de poker appellent un "one time", soit le coup de chance d'une vie. Et le rêve n'est peut-être pas terminé...