Les femmes sont de plus en plus présentes dans le sport

Les femmes ont longtemps été mises à l’écart des compétitions. Ce n'est plus le cas... En Fédération Wallonie-Bruxelles, le nombre de filles affiliées à un sport explose!

Les femmes sont de plus en plus présentes dans le sport
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La présence féminine dans le sport de haut niveau se porte de mieux en mieux mais vient de loin. Dès la première édition des JO, Pierre de Coubertin et ses amis n’imaginaient pas du tout voir les femmes prendre part à ces premiers Jeux de l’ère moderne.

"Il faut évidemment se souvenir du contexte de l'époque", commence Gilles Goetghebuer. "Il n'était pas misogyne, mais les femmes étaient considérées comme fragiles. À l'époque, la mode vestimentaire ou le teint faisaient qu'elles n'étaient pas en grande forme à cause de leur mode de vie. Et puis, pour Pierre de Coubertin, la femme était surtout là pour couronner les vainqueurs. Cela réveille un peu la notion de compétition pour arriver aux femelles comme on pouvait le comprendre dans le livre de Darwin, L'Origine des espèces (1859)."

Les femmes ont mis du temps à trouver leur place aux Jeux olympiques.

" Dès 1900, on retrouvait quelques femmes, mais la date marquante, c'est Amsterdam 1928, quand dans le stade un 800 m féminin a eu lieu. Faire du sport comme ça, c'était difficile, mais il y a eu des personnalités féminines qui ont milité pour le sport féminin comme la Française Alice Milliat (1984-1957) qui a œuvré toute sa vie pour ça."

Désormais, s’il y a encore du travail, les compétitions féminines sont mieux considérées.

"La clé, ce sont les compétitions comme les Grands Chelems et les Jeux qui œuvrent pour la parité. Le jour où l’on verra une Coupe du monde masculine et féminine en même temps, on aura passé un nouveau cap."

De plus en plus de filles en Belgique

Quoi de mieux que des chiffres pour montrer la plus grande implication des filles dans le sport? En Belgique, le tableau ci-après, qui concerne l'évolution des quinze sports les plus pratiqués en Fédération Wallonie-Bruxelles au niveau de leurs affliiés, montre que les femmes sont de plus en plus présentes. Et plus seulement parmi les disciplines "historiquement" majoritairement féminines comme la gym ou l'équitation. Au 1er janvier 2020, sur les 706 650 membres recensés dans les fédérations sportives reconnues par l’Adeps en FWB, 219 221, soit 31 %, étaient des femmes. En football, par exemple, leur nombre n'arrête pas d'augmenter. En dix ans, elles ont plus que doublé: 5 697 en 2012, elles dépassaient la barre des 13 000 à l'ACFF avant la pandémie. Et si leur proportion reste minoritaire (le foot est passé de 4% de filles, en 2012, à 7% en 2020), elles ne cessent de gagner du terrain. Et la participation des Red Flames au prochain Euro 2022, cet été en Angleterre, va très certainement booster encore plus le ballon rond.

Le sport féminin belge a pu compter sur de belles locomotives pour motiver les filles. Justine Henin et Kim Clijsters ont dopé les chiffres du tennis, bien sûr. Aujourd'hui Nafi Thiam en athéltisme ou les Belgian Cats en basket sont des aspirateurs à vocations sportives féminines... Le hockey se rapproche, lui, de la parité sur le terrain. Mais, depuis dix ans, de nombreuses disciplines moins médiatiques ont vu leur proportion de filles augmenter. Citons par exemple le triathlon, de 15 en 2009 à 23% en 2020; le volley, de 42 à 57%; le rugby, de 5 à 14%; le baseball/softball, de 23 à 31%; la boxe, de 21 à 31%; l'haltérophilie, 21 à 31%; le taekwondo, de 25 à 34%; ou le ski (Club alpin), de 25 à 34%...

Les femmes sont de plus en plus présentes dans le sport
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Trois exemples concrets pour favoriser la pratique féminine

  • Du sport maman/enfant Pour répondre aux attentes et besoins des jeunes mamans, l'Adeps encourage ses centres subventionnés à organiser notamment des cours de sport maman/enfant comme à Spa (jusqu'en juin) avec des séances durant le lesquelles les mamans peuvent venir s'entraîner avec le bébé. Les entraînement à l'extérieur concernent la marche, le jogging, des exercices physiques… L'enfant peut aussi être occupé de son côté.
  • Je cours pour ma forme "Girls only" L'initiative vise les filles de 13-17 ans et ambitionne d'atteindre les 5 km, elle est aussi associée à la corde à sauter. "Dans l'approche de leur corps, il est parfois difficile pour les adolescentes de courir avec les garçons. Cette initiative permet de le faire avec leurs copines", précise Caroline Beguin, directrice générale adjointe de l'Administration générale du Sport. Des séances dès le printemps à Floreffe, Seraing, Fléron et Sombreffe.
  • Je cours pour ma forme 0-2 km Sous l'impulsion de l'Adeps et en collaboration avec l'ASBL Sport Santé Event et Zatopek Magazine, le programme 0-2 km, lancé à Ixelles et Watermael-Boitsfort, doit inciter les personnes (dont les femmes comme cible prioritaire) à reprendre une activité physique et/ou sportive à des fins de santé, de bien-être, d'insertion sociale, quel que soit leur âge, via une remise en douceur après des tests physiques et psychométriques.