"J'ai honte": la France est éliminée dès le premier tour du Mondial

Après deux revers en deux matchs face au Canada et la Lettonie, les Bleus sont d'ores et déjà éliminés.

France's Nicolas Batum sits during the FIBA Basketball World Cup group G match between France and Latvia at Indonesia Arena in Jakarta on August 27, 2023. (Photo by Yasuyoshi CHIBA / AFP)
Nicolas Batum abattu après l'élimination précoce de l'équipe de France. ©AFP or licensors

Une crise à un an des JO de Paris. Candidate déclarée au titre, l'équipe de France a pris la porte du Mondial dès le premier tour après sa défaite contre la Lettonie (88-86) dimanche à Jakarta à la suite de laquelle le capitaine Nicolas Batum a critiqué la fédération.

Giflés vendredi par le Canada (95-65), les Bleus n'ont pas rendu la claque et vu les Lettons, qui participaient à leur première Coupe du monde, passer devant pour la première fois du match à 37 secondes du terme.

Ils ont vécu leur plus grosse désillusion depuis que Vincent Collet en a pris les rênes en 2009, voire de l'histoire de l'équipe de France: ils sont éliminés avant même le dernier match de poule, mardi contre le Liban. Alors qu'ils figurent sur tous les podiums actuels (3e du Mondial-2019, finalistes des JO-2021 et de l'Euro-2022) et qu'ils avaient clamé haut et fort leurs ambitions de titre.

"Evidemment c'est ma plus grosse déception avec le maillot de la France. J'ai honte, c'est la première fois que j'ai réellement honte. Beaucoup de gens croyaient en nous", a lancé en conférence de presse Batum en anglais.

En français, comme auparavant au micro de BeIn Sports, il a ensuite appelé à une "grosse remise en question des joueurs, du staff, et de la fédération. J'ai parlé de tout le monde car c'est un échec global."

"Ça part d'abord de nous, les joueurs, on est sur le terrain. Si on a des consignes et qu'on ne les applique pas, personne ne peut le faire", a ajouté "Batman".

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On ne peut pas être performants à ce niveau dans un tel concert de concurrence si on n'a pas l'humilité pour se battre."

Les joueurs ont dilapidé une avance de 12 points à l'aube du dernier quart-temps (72-64), à coups de pertes de balle (20) et de rebonds laissés à la Lettonie (10) qui ont annulé leur adresse à trois points (14/27).

Plus généralement sur la compétition, ils n'ont pas affiché les valeurs défensives qui ont été le ciment des campagnes précédentes. "Peut-être qu'on est arrivés avec moins faim, plus de certitudes et on l'a payé très, très cher", a estimé Batum.

"On ne peut pas être performants à ce niveau dans un tel concert de concurrence si on n'a pas l'humilité pour se battre (...) Vraiment, l'humilité pour moi est au coeur de ce qu'il s'est passé", a embrayé Collet, appelant les Bleus à retrouver, à Paris dans un an, leurs "valeurs et leur identité" dont "on est un petit peu éloigné cette année".

Au plan des individualités, les cadres n'ont pas répondu à l'exception d'Evan Fournier (27 pts contre la Lettonie, 21 contre le Canada vendredi). A commencer par Nando De Colo, dont l'exclusion à 3 min 15 sec de la fin, pour une deuxième faute antisportive sur un geste d'humeur alors qu'une faute avait été sifflée contre lui, a fait dérailler le train bleu alors en tête (75-66). Batum (0 pt vendredi, 13 dimanche), Gobert (8 puis 9 pts) et Yabusele (4 puis 18 pts) ont été trop peu performants.

Le cas Heurtel

"Il faut que moi, je trouve pourquoi je n'ai pas réussi à rassembler tout le monde et pourquoi je n'ai pas réussi à être dans un rôle avec plus d'impact. Je ne dois pas laisser mon équipe tomber comme ça", a affirmé Batum.

L'ailier des Los Angeles Clippers, qui prendra sa retraite internationale après les JO-2024, a aussi jeté une grosse pierre dans le jardin de la fédération, qui a écarté Thomas Heurtel après qu'il s'est engagé avec un club russe. L'expérimenté meneur du Zenit Saint-Pétersbourg aurait été précieux après l'exclusion de De Colo. "Quand j'ai parlé de politique, je ne parlais pas que de lui. Il y a d'autres choses par rapport à d'autres joueurs et beaucoup d'autres choses", a déclaré Batum, assez énigmatique.

Peut-être pensait-il à cette préparation débutée contre des adversaires loin du top niveau mondial (Tunisie, Venezuela, Montenegro), avec plusieurs déplacements en France puis un en Lituanie pour terminer au Japon. Un dernier périple qui a imposé aux Bleus un voyage de sept heures et à subir un décalage horaire de deux heures avant de débuter la compétition à Jakarta. Où se sont fracassés leurs rêves d'un premier titre mondial.

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