Igor Abakoumov, le Belge d'Astana, découvre le ProTour et... l'asthme à l'effort

NICE Igor Abakoumov disputait sa première grande course du ProTour, la semaine dernière entre Paris et Nice. Bien parti, 18e à Buzançais, il n'avait pas raté la cassure de Limoges (15e) avant de se classer encore 26e du sprint kamikaze que Boonen croyait avoir enlevé à Maurs. La suite de la Course au Soleil fut moins évidente pour le Wallon, rattrapé par des problèmes pulmonaires.

A Mende, il rentra dans le rang avant de se lancer, le lendemain, dans l'échappée folle dont Popovych allait être le héros. "Bien vite, j'ai vu que si je suivais son rythme dans les cols, j'allais exploser, alors, j'ai laissé filer ", reconnaissait-il après l'arrivée. Le samedi, le coureur d'Astana préférait arrêter tout à fait. "J'avais de nouveau des problèmes respiratoires, avoue-t-il. J'ai eu cela en début de saison, au Haut-Var, puis, surtout au Volk où après 60 km, j'étais à pied. Le lendemain, à Kuurne, il n'y avait plus de problèmes (37e du sprint). "

Rentré en Belgique, Igor a passé des examens chez un pneumologue. "Je souffre d'asthme à l'effort, expliquait-t-il hier soir à Nice où il venait de revenir dans l'attente de Milan-Sanremo. Je n'avais que 60 % de capacité pulmonaire, c'est la cause de mes problèmes. "

Arrivé d'Ukraine en Belgique avec sa maman, alors qu'il avait treize ans, Igor Abakoumov a toujours vécu dans le Brabant wallon. C'est au VC Orne qu'il a fait ses classes, sous la houlette de Jacques Filée ("Je lui dois beaucoup ", dit-il) avant de rejoindre l'équipe espoirs de Lefevere. "J'étais l'équipier de Steegmans, Van Goolen, Rosseler, Kasheshkin, Muravyev... et Frison nous dirigeait", rappelle le jeune homme (il aura 26 ans en mai).

Pourquoi aucune équipe belge ne s'intéressa-t-elle alors à Aba, on se perd en conjectures. Abakoumov évolua deux ans au sein de l'équipe continentale néerlandaise Van Hemert puis obtint sa chance, en 2004, dans l'équipe Chocolat Jacques. "Ça a tourné au cauchemar, je n'ai eu que des ennuis de santé, notamment au dos à cause d'une mauvaise position, si Jos (Braeckevelt) ne m'avait pas repris chez Jartazi, je ne serais plus là ", fait observer celui qui allait, en 2005, se classer 6e à Waregem, 6e de la Flèche brabançonne, 8e de Paris-Bruxelles et 3e du GP de Wallonie sans que seul Gérard Bulens lui fasse une proposition. "Je le remercie mais j'ai préféré rester chez Jartazi où j'étais libre."

Mais l'hiver dernier, quand son ami Kash l'a appelé chez Astana avec Vinokourov, Igor Abakoumov n'a évidemment plus voulu refuser. Naturalisé belge en 2000, c'est à Chastres qu'il habite aujourd'hui avec Marie-Noëlle, sa compagne à laquelle, veut-il faire savoir, il doit beaucoup.