A l'occasion du centenaire de la première équipe maori de Nouvelle-Zélande, le ministre sud-africain des Sports, Makhenkesi Stofile, avait adressé la semaine dernière une lettre d'excuses aux joueurs de cette nation aborigène exclus des tournées néo-zélandaises en Afrique du Sud. La démarche a poussé les fédérations concernées à faire de même.

"Nous voulons présenter nos excuses d'abord et avant tout aux joueurs Maoris qui ont été exclus de la sélection pour les tournées en Afrique du Sud", ont déclaré les dirigeants de la fédération néo-zélandaise de rugby dans un communiqué.

Le président de la fédération sud-africaine, Oregan Hoskins, a publié un communiqué similaire, décrivant les joueurs Maoris comme "les victimes innocentes de l'idéologie raciste de notre ancien gouvernement".

"Mais, de manière tout aussi importante, c'est l'occasion de présenter nos excuses au nom du rugby aux Sud-Africains noirs qui n'ont pas eu l'occasion de représenter non seulement leur pays mais aussi leurs provinces pendant ces longues et sombres années", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, M. Hiskins a évoqué les joueurs blancs qui se sont opposés aux politiques racistes pendant l'apartheid, instauré en 1948 jusqu'aux premières élections multiraciales en 1994, et assuré que la fédération oeuvrait pour se défaire de ce lourd passé de discriminations.

"Cette reconnaissance des erreurs de nos prédécesseurs et ces excuses pour les fautes coupables de notre sport est une nouvelle étape dans nos efforts pour nous libérer de ce passé", a-t-il expliqué.

La politique d'apartheid interdisait aux joueurs blancs et noirs de fouler les mêmes terrains, à tel point que l'équipe nationale des Springboks était devenue le symbole haï de la ségrégation raciale aux yeux des noirs.

Pour ne pas heurter ses hôtes, la Nouvelle-Zélande a choisi elle-même de renoncer à sélectionner des joueurs maoris lors de trois tournées en Afrique du Sud, en 1928, 1949 et 1960, une époque où affronter les Springboks représentait l'honneur suprême pour les joueurs All-Black.

Mais le durcissement de l'apartheid a rendu les contacts sportifs avec l'Afrique du Sud de plus en plus controversés en Nouvelle-Zélande, où des émeutes ont même éclaté lors d'une tournée des Sud-Africains en 1981.