"Je suis super heureux", ne cesse de clamer Ari Huusela, les yeux bleus brillants. Le Finlandais de 58 ans, dernier marin en course, est arrivé aux Sables d'Olonne en vingt-cinquième position pour devenir le premier représentant des pays nordiques à finir le Vendée Globe.

Sa femme, des amis, deux cousins sont là pour l'accueillir avec des t-shirts spécialement conçus pour l'occasion sur lesquels on peut lire: "Super Happy sailor" (marin super heureux).

"C'est incroyable de se retrouver au milieu de l'océan, seul, à la barre d'un bateau comme l'Imoca, ce sont des émotions fortes, des expériences incroyables à vivre. Ce sentiment ne ressemble à aucun autre. J'aime tellement ça", confie Huusela à l'AFP.

Le soutien d'Alex Thomson 

Son arrivée a été grandiose. Des milliers de personnes étaient venues l'acclamer le long du chenal, lui arrachant des larmes. Arrivé au port, il a amarré son bateau aux rythmes de la chanson qu'il a choisie: "Proud" (Fier) de Heather Small. Et il chantait joyeusement le refrain "What have you done today to make you feel proud ? (Qu'as-tu fait aujourd'hui qui te rende fier ?).

Il a fait le tour du monde en solitaire.

"Tu a réussi ! Nous savons tous à quel point cette course est rude. Tu peux être vraiment fier de ce que tu as accompli. Bien joué !", lui a lancé le Gallois Alex Thomson dans un message transmis à l'AFP.

Thomson, deuxième du Vendée Globe 2016, a été d'un grand soutien pour le skipper finlandais, sur l'eau mais aussi hors de l'eau en le conseillant pour démarcher et convaincre des sponsors.

Car Huusela s'est lancé il y a 4 ans sans aucun partenaire. Initié à la voile quand il avait 24 ans par des collègues, il s'est aguerri petit à petit. En 1999, il participait à la Mini-Transat et commençait à rêver du Vendée Globe.

Congé sans solde 

"En 2017, il a eu assez de courage pour acheter un bateau. Le bateau était sous des bâches, au milieu,de déchets, il n'avait pas navigué depuis six ans. Il a fallu le remettre en état, ce qu'on a fait en Angleterre", raconte à l'AFP sa femme et team manager, Niina Riihela.

Le natif d'Helsinki a fait un prêt à la banque pour le bateau. Six mois avant le départ du Vendée Globe, le 8 novembre, il n'avait toujours pas de sponsor principal. Et l'entreprise Stark est entrée dans le jeu, lui permettant d'acheter une quille neuve. Il était à deux doigts de ne pas pouvoir prendre le départ.

Son équipe est composée uniquement de bénévoles, il a posé de longues vacances et pris un congé sans solde auprès de la compagnie Finnair qui l'emploie pour faire le tour du globe.

"Ari fait partie de ces gens complètement captivés par le Vendée Globe. Je suis plein d'admiration pour lui, ce sont des gens comme lui qui font vraiment de cette course ce qu'elle est", souligne Alex Thomson.

Après avoir bravé les tempêtes et vu son bateau chavirer avant de se redresser, Ari Huusela va prendre du temps pour récupérer de l'aventure, en s'adonnant à une autre de ses passions: le télémark.

Il pense reprendre son activité de pilote en mai. Quant à la voile, il ne sait pas.

"Ma priorité est de revenir sain et sauf, avec le bateau. Pouvoir reprendre mon travail et payer mes traites", avait-il juste dit avant de prendre le départ du Vendée Globe.