Dans un peu plus de trois semaines, le 13 août, les Jeux retrouveront la Grèce, leur berceau dans l’Antiquité et le lieu de leur renaissance en 1896, et les chantiers encore en souffrance sont achevés un à un alors que les rues d’Athènes commencent à se parer des couleurs olympiques.

Ce lot régulier d’inaugurations et de mises en service à de quoi apaiser les craintes des plus sceptiques, même si la gigantesque panne de courant de la semaine dernière a apporté un puissant bémol à la vague d’optimisme qui avait envahi le pays après la victoire de sa sélection à l’Euro-2004 de football.

Si elle se reproduisait pendant les Jeux, un telle panne n’affecterait pas les sites olympiques, assure-t-on du côté des organisateurs. Mais des stades allumés dans une ville plongée dans le noir serait du plus mauvais effet et les autorités ont promis qu’un tel incident n’aurait plus lieu.

L’approvisionnement en électricité provoque certes quelques frayeurs, mais la sécurité reste la grande affaire de ces Jeux, les premiers d’été depuis les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.

Il y a ceux qui s’interrogent toujours pour savoir si les 70.000 hommes et les 1,2 milliard d’euros dépensés, notamment pour un système à haute-technologie qui ne sera prêt qu’à la fin juillet -et encore pas à 100 pc-, seront suffisants.

Parmi eux, les Etats-Unis, qui en veulent encore plus et font pression, selon des sources occidentales, pour que des centaines de soldats américains d’unités d’élite soient stationnés sur le sol grec, sous le couvert de l’Otan, pour pouvoir réagir immédiatement en cas de crise grave.

Mais il y a désormais aussi ceux qui, comme Amnesty International, pensent que cette «dérive sécuritaire» nuit aux libertés. «Sous prétexte d’un renforcement des mesures de sécurité» olympiques, les forces de sécurité «violent impunément les droits de l’homme et encouragent les discriminations sur des bases ethniques», estime l’organisation. Principaux visés, selon elle, les musulmans, les immigrés, les demandeurs d’asile, les réfugiés ou les tziganes.

Depuis lundi, un ballon dirigeable équipé de caméras à haute-résolution surveille en tout cas les faits et gestes des habitants de la capitale. Autre mauvaise note attribuée à Athènes, celle du Fonds mondial pour la nature qui lui a décerné un zéro pointé en matière de protection de l’environnement.

Face à des ventes de billets languissantes, la présidente du comité d’organisation (Athoc), Gianna Angelopoulos-Daskalaki, a pour sa part lancé une appel au sursaut patriotique à ses concitoyens. «Remplir les stades, et pas seulement pour les finales, c’est aider nos athlètes à se surpasser, c’est aussi un devoir d’hospitalité» à l’égard des étrangers, a-t-elle dit.

Au moins les installations sportives prévues pour les Jeux sont entièrement terminées et leurs aménagements extérieurs en voie de finition, notamment au complexe de l’OAKA, où se situe le stade olympique au toit dessiné par l’architecte Santiago Calatrava.

Mais une grande partie de la zone côtière entre les sites de la baie du Phalère ressemble encore à un terrain vague, sans ombre ni plante verte. En revanche, la nouvelle ligne de tramway reliant ces installations et celles du complexe sportif d’Hellinikon au centre d’Athènes a enfin été mise en service lundi.

La ligne de métro entre Athènes et l’aéroport devrait l’être la semaine prochaine, tout comme le train de banlieue entre ce dernier et le port du Pirée, via le stade olympique.

Enfin, la route entre Athènes et Marathon, où doit se courir l’épreuve du même nom et qui a longtemps été l’un des chantiers les plus en retard, est désormais quasiment terminée.

Parallèlement, la ville d’Athènes continue de s’embellir. Les échafaudages poussent comme des champignons dans le centre-ville pour des ravalements-minute à la qualité incertaine, les trottoirs sont éventrés pour être entièrement refaits et l’on goudronne les rues à la va-vite pour un dernier lifting olympique.

Outre la chirurgie esthétique, Athènes fait aussi appel au maquillage: des bannières fuschia, citron vert, bleu turquoise ou jaune orangé ont commencé à être déployées autour de la capitale. Au total, plus de 370 km d’artères routières seront parées, dans le grand Athènes, de quelque 20.000 drapeaux et autres accessoires.

Dans les principales avenues du centre, des anneaux olympiques couleur rouge brique récemment peints sur les voies de gauche rappellent que celles-ci seront bientôt réservées à la circulation olympique.

Dernier signe que l’on en est bien à la dernière ligne droite: de nouveaux panneaux d’affichage au rouge orangé fluorescent, qui indiquent en grec et anglais l’itinéraire des principales installations, ont été posés ces derniers jours.