La question est simple: peut-on devenir champion de ski dans un pays où il n'y a pas de montagnes et pas (ou peu) de neige?

Verra-t-on un jour un Belge briguer un globe de cristal, les pays mal desservis par la météo ont-ils déjà au moins eu des bons skieurs? Et quels sont les tentatives (ratées ou réussies) qui ont le plus marqué l'opinion publique?

Le plus grand champion de l'histoire venant d'un plat pays est sans nul doute Marc Girardelli. Mais le Luxembourgeois était d'origine autrichienne et avait opté pour le changement de nationalité suite à un conflit avec sa fédération alors qu'il avait... 13 ans. Dès lors, en tant que seul membre de son équipe, il s'entraînait tout seul, chose qui ne le dérangeait pas car il en avait de toute façon l'habitude depuis qu'il était petit.

Au début de l'histoire de la coupe du monde de ski alpin, rares étaient les pays qui ne faisaient pas partie de la chaîne de montagnes à réussir de grands résultats. Même ceux bien enneigés. La Canadienne Nancy Greene, à la fin des années 60, fut l'une des exceptions. Mais ce sport s'est vite ouvert, notamment aux pays scandinaves et à ce qu'on appelait alors la Yougoslavie.

Trois pays ont toutefois marqué les sports d'hiver par certaines entreprises ou certains résultats.

Les meilleurs sont les Britanniques qui, toutefois, ont quelques stations de ski. Un dénommé Cleaver avait déjà remporté le combiné de Kitzbühel en 1938. Il y eut aussi les frères Bell et, maintenant, Alain Baxter marque régulièrement des points en slalom. On se souviendra aussi d'Eddie Edwards, surnommé Eddie the Eagle ou Mister Magoo à cause de son look. Risée des uns, admiré par les autres, il voulait démontrer que son pays pouvait se montrer à l'épreuve olympique de saut à skis. Et, effectivement, il prit part aux Jeux de Calgary en 1988.

L'Alberta vit aussi arriver un autre phénomène: une équipe jamaïcaine de bobsleigh, dont nous vous donnons des nouvelles ci-dessous.

Et comment ne pas oublier Philip Boit, le Kenyan skieur de fond, arrivé bon dernier à Nagano après avoir couru honorablement une bonne partie de l'épreuve. Mais il n'était pas au ban des athlètes puisqu'il s'entraînait avec les Finlandais. Et, lorsque Boit est arrivé, Daehlie, le vainqueur qui avait fini de répondre aux interviews, est venu spontanément le voir pour lui dire: Toi aussi, tu es un champion.

© La Libre Belgique 2001