L’entraîneur Bernard Laporte estime que les joueurs du XV de France vont surmonter la déception née de la défaite face à l’Angleterre en demi-finale dimanche, pour se projetter sur le match pour la troisième place du Mondial face aux All Blacks, jeudi à Sydney.

Aviez-vous anticipé un éventuel changement des conditions météorologiques avant la rencontre ?
B.L. «Le matin du match, il faisait grand beau mais on nous avait dit qu’il risquait de pleuvoir. On avait intégré cette donnée. Mais je relève surtout que c’est notre incapacité à jouer au pied qui a favorisé l’Angleterre. Je remarque que nous sommes parvenus à les mettre en difficulté les rares fois où nous avons joué au pied dans leur dos. La solution passait par du jeu au pied. Nous ne l’avons pas bien fait. Dimanche, la gestion était anglaise.»

Pensez-vous, vous aussi, avoir commis certaines erreurs ?

«Ce serait prétentieux de ma part de prétendre le contraire. Il n’y a pas que les joueurs qui font des fautes. Moi aussi, à mon niveau j’ai pu en faire. Il faudra réfléchir et voir où on a pu en faire.»

Certaines jeunes joueurs ont semblé perdus, sous la pression. Attribuez-vous cela aux conditions de jeu ou à l’environnement particulier d’une demi-finale de Coupe du monde ?

«J’ai du mal à évaluer cela. Je ne pense pas que cela soit dû aux conditions climatiques mais peut-être tout simplement à la pression de l’événement. On pensait vraiment qu’on allait les battre. Les joueurs étaient confiants. En première période, on a mal joué mais on n’avait que cinq points de retard à la mi-temps. Je suis convaincu qu’il y avait la place de gagner. Et puis, il y a eu ces deux exclusions temporaires de Dominici et Betsen. Elles sont sévères mais elles sont logiques. Cela montre en tous cas la fébrilité qui nous habitait sur ce match.»

Craignez-vous une démobilisation avant le match pour la troisième place face aux All Blacks jeudi ?

«Mais on joue les All Blacks. Le nom seul donne envie de jouer! Les All Blacks, c’est une légende ! Les joueurs qui entreront sur le terrain auront beaucoup d’envie d’affronter cette équipe. Et puis, la déception va passer. On a un bon match à jouer, dans un superbe stade. Oublions le fait que c’est la petite finale, occultons ce terme, et disons nous que nous affrontons les All Blacks dans un stade extraordinaire.»

Comment avez-vous perçu l’arbitrage des demi-finales ?

«Il y a certainement des choses à changer dans l’arbitrage. Je ne parle pas par rapport à notre match face aux Anglais où il n’y a rien à dire. Mais quand je regarde le match de samedi entre les All Blacks et les Australiens, je crois voir un mélange de rugby à XIII et de football américain. On ne donne aucune possibilité aux défenses de récupérer le ballon. Tant que l’on ne se penchera pas sur le problème de la zone de placage, on verra des matches comme celui-là: qui plaisent aux passionnés, dont je suis, mais qui n’attirent pas forcément les gens.»

Selon vous, quelle est l’équipe favorite de la finale de la Coupe du monde entre l’Angleterre et l’Australie ?

«Ce sont deux grandes équipes. Franchement, ce sera du cinquante-cinquante. Je crois que les Anglais vont être fidèles à leur jeu mais si les Australiens font le même match que face aux All Blacks en demi-finale, ils ont une chance de gagner. Les Anglais sont peut-être plus complets et plus costauds devant mais ils n’ont pas des joueurs puissants derrière comme peuvent l’être Wendell Sailor, Lote Tuqiri, Stirling Mortlock ou même Elton Flatley chez les Wallabies. Si les Australiens parviennent à avoir des ballons, ils ont une chance.»<.i>