Envoyé spécial à Daegu

Avant de contribuer au record du monde du 4x100 m, hier, en clôture de ces Championnats du monde, Usain Bolt avait remis les pendules à l’heure dès samedi en conservant le titre mondial du 200 m conquis il y a deux ans à Berlin. Il est alors revenu sur ce succès d’autant plus attendu après les événements du 100 m.

Qu’avez-vous envie de dire après ce 200 m victorieux ?

J’étais très concentré parce qu’il était important que je donne le meilleur de moi-même après la finale du 100 m. J’étais un petit peu nerveux mais j’ai été bon vu ma saison difficile. Je suis fier d’avoir montré au public que j’étais toujours le meilleur. Je n’étais pas au meilleur de ma forme durant toute l’année. Donc, je ne m’attendais pas à battre mon record. Avoir réalisé 19.40, dans ces conditions, c’est très bien. Il y avait du beau monde, avec quatre gars sous les 20 secondes.

Pouvez-vous nous expliquer votre faux départ sur 100 m ?

C’est assez compliqué. Pendant toute la saison, cet aspect de ma course m’a ennuyé. Ici, ça avait été mieux, tant en série qu’en demi-finale. J’étais très motivé par la finale. Impatient, même. Je me disais : Allez, on y va. Et puis, quand le starter a dit : Prêt, j’ai compris Prêt-partez (Il rigole) . J’en déduis que j’étais trop excité. Pour le départ, le coach nous demande toujours de nous calmer et d’attendre le coup de feu. C’est logique puisque c’est le starter qui donne les ordres.

Vous ne semblez pas très passionné par l’histoire de votre sport. On se trompe ?

Non, en général, ce que je sais des anciens, c’est ce que m’en disent les autres. Je ne suis pas un fan d’athlé qui regarde des compétitions pendant des heures. Je vais juste suivre l’un ou l’autre truc, comme la course d’un pote par exemple.

Mais l’athlé est juste un métier alors.

Oui mais dans lequel je m’éclate tout le temps. Je ne prends pas de plaisir à le suivre à la télévision mais je pense que les gens en prennent en me voyant.

Pour être une légende, il faut quand même connaître un minimum l’histoire de son sport ?

J’en connais assez pour savoir ce que je dois accomplir, c’est-à-dire répéter les succès.

Où situez-vous votre légende aujourd’hui ?

Le 100 m a eu un impact négatif. Je vais être très sérieux en vue des JO de Londres. Parce que là-bas, j’espère vraiment frapper un grand coup. Pour ça, il faudra que je puisse m’entraîner très sérieusement, bien plus tôt que cette année. Il ne faudra pas que je coupe trop longtemps.

Certains s’attendaient à ce que vous fassiez moins le show après votre mésaventure…

Mais je suis comme ça, cela fait partie de ma nature. Je peux être agacé et déconner une minute plus tard devant la caméra. Je veux faire plaisir aux fans parce que je sais qu’ils adorent ça. Ma personnalité reprend alors le dessus, même si c’est aussi un moyen pour moi de me décontracter.

Avez-vous toujours regardé autour de vous comme vous le faites souvent avant et pendant la course ?

Je sais que c’est un défaut mais je l’ai toujours eu. Ça énerve mon coach. Sur le 200, je ne l’ai pas trop fait car je voulais me racheter.

Quel temps pensiez-vous pouvoir faire sur 100 m ?

Je pense que j’étais armé pour faire 9.7 ou 9.6. J’étais bien et je savais que ça allait aller vite. Maintenant, c’est du passé. J’ai commis une faute et je suis le seul responsable. Blake mérite sa victoire. Un point, c’est tout. Même si elle m’a valu l’exclusion, je ne vais pas vous dire qu’il faut changer la règle. Ce serait trop facile. Je la connais. Elle est la même pour tout le monde. Je n’avais qu’à être plus vigilant.

Un mot, enfin, sur la performance du Français Christophe Lemaitre ?

J’ai déjà dit plusieurs fois qu’il a un très gros potentiel. Il l’a encore démontré, ici, en courant très bien sous la pression. Il ira loin s’il travaille dur et ne perd pas la notion de plaisir, c’est important. Je suis fier de lui parce que, maintenant, il fait partie des grands.