CHERBOURG Cherbourg, sa rade, ses parapluies... de circonstance d'ailleurs pour le départ du Challenge Mondial Assistance, course océanique en équipages qui relie Cherbourg à Rimini, soit trois mers (Manche, Méditerranée et Adriatique) et un océan (Atlantique) à traverser en 11 ou 12 jours d'une navigation qui recèle moult inconnues.

Hier, sur le coup de quinze heures, ils étaient douze à fendre la mer pour s'élancer, non pas vers le large, mais pour une mini-régate «spectacle», de nature à satisfaire plumitifs, chasseurs d'images ainsi que la belle chambrée de passionnés qui garnissait les estacades. Au cours de cette joute palpitante, c'est Jean-Luc Nélias et son équipage qui franchissaient en tête la «Passe Est», neuf secondes devant Bayer (Jean Maurel) et déjà plus de sept minutes devant Foncia d'Alain Gautier et d'Elen McArthur qui fermait la marche. Au pointage de 16 heures, idem, le trimaran bleu confirmait son leadership.

Bien entendu, Rimini est encore loin (2734 milles) mais cette prise de commandement attestait de l'état de forme du bateau et de la motivation de l'équipage.

Un équipage de solides gaillards rehaussé par la présence à bord de Roland Jourdain, Bilou pour ses copains de port. Champion du monde des monocoques, ami de longue date de Jean-Luc Nélias, il décortiquait avec sympathie le parcours qui s'offrait aux protagonistes: «Nous devrions avoir de bonnes conditions météo pour démancher et je prévois une descente rapide vers Gibraltar. La Méditerranée, c'est un peu l'inconnue et c'est là qu'un classement général peut se détricoter. Quant à la navigation dans l'Adriatique, c'est une mer tellement peu courue qu'il est difficile d'émettre la moindre hypothèse.» Bref, une traversée du Golfe de Gascogne où les équipages veilleront à éviter la casse et une deuxième partie de parcours beaucoup plus tactique.

Il y a deux ans, lors de la première édition du Challenge Mondial Assistance, Jean-Luc Nélias, au prix d'un mauvais virement de bord, se fit coiffer sur le fil par Alain Gautier et Foncia.

Belgacom semble mûr

Cette année, avec douze F 1 des mers au départ, les favoris sont nombreux avec notamment Groupama (Cammas), vainqueur de la première épreuve du championnat Orma, le GP de Lorient; Géant (Desjoyeaux) vainqueur de la Route du Rhum; Banque Populaire (Roucayrol), un trimaran fiable et toujours rapide... et bien entendu Belgacom qui semble mûr pour gagner cette belle course, le must comme se plaisent à le dire les marins.

En effet, contrairement à une transat en solitaire où les marins serrent un peu la bride pour des raisons évidentes de sécurité, le Challenge Mondial Assistance se dispute comme un long sprint, à 100pc des capacités du bateau. A bord du Belgacom, des quarts seront organisés afin d'optimiser les énergies.

Rendez-vous dans une dizaine de jours à Rimini, ville balnéaire qui s'est toujours voulue accueillante pour les Belges. Heureux présage pour Belgacom?

© Les Sports 2003