DERNIERES INFOS: Le Verviétois Cédric Gohy, 29 ans, 7-ème mondial, n'a pas réussi à franchir le deuxième tour de fleuret lundi matin au Complexe d'Helliniko. Pourtant considéré comme un des outsiders de l'épreuve, il s'est en effet incliné 15-12 contre le gaucher américain du New Jersey Dan Kelner, 48-ème mondial, 28 ans, en 1/16-ème de finale. Il était "bye" en 1/32-ème de finale. La préparation de Cédric Gohy, pour ses premiers jeux olympiques, avait été perturbée par un problème au dos.

ATHÈNES Une bouteille d'eau à la main, élégamment vêtu, Cédric Gohy se montre souriant et disponible. Comme toujours. Tout traduit son évidente sérénité. L'homme est heureux malgré la pression qui monte au fil des heures. Heureux d'être là après tant de sacrifices. Heureux de passer du rêve à la réalité dans quelques heures.

Loquace, le Verviétois commence par un clin d'oeil: «J'ai ma chambre dans le même appartement que Saive, Rochus et Malisse. Vous imaginez que je n'ai pas vraiment l'occasion de m'ennuyer.»

Rien que sa présence sur le sol grec le remplit de bonheur. Celui qu'il a retrouvé depuis une semaine, depuis que ce fichu dos a décidé de lui lâcher les basques. «J'ai eu une préparation perturbée, explique-t-il. Alors que j'étais en stage au Portugal fin juillet, je me suis bloqué le dos. Je ne savais plus du tout m'entraîner. Raison pour laquelle j'ai dû écourter mon séjour en Lusitanie. En Belgique, on m'a décoincé et, depuis, tout est rentré dans l'ordre. Même si elle fut contraignante, cette blessure ne m'a pas plongé dans le doute. Je savais que dès que je passerais entre les mains d'un chiropracteur, le mal s'en irait.»

Le Liégeois positive. Il est ainsi fait. À ses yeux, cette blessure n'a pas trop contrarié ses plans. «Je n'en sais rien mais c'est possible. Il y a deux façons d'arriver aux Jeux Olympiques. Soit on sort d'une grosse phase de préparation et, donc, on est déjà un peu émoussé. Soit on mise sur la fraîcheur. Par la force des choses, c'est mon cas. Je me sens prêt, dans mon corps et dans ma tête.»

Un tableau difficile

C'est qu'aujourd'hui, sur le coup de 11h (heure belge), ce passionné de belles mécaniques - son père a d'ailleurs une collection de vieilles voitures de très grandes marques - abattra ses premières cartes olympiques. Pas ses dernières, espère-t-il. Le fleurettiste affrontera en seizième de finale l'Américain Kellner, un adversaire qu'il n'a plus rencontré depuis belle lurette. «Avec Jean Collot, mon entraîneur, nous avons consulté les données vidéo et la fiche de ce gaucher. J'ai cherché un sparring-partner qui a, plus ou moins, les mêmes caractéristiques que lui. Ce ne sera pas facile mais il y a moyen.»

Que cet inconditionnel de cape et d'épée prolonge son rêve éveillé. «Je refuse de m'installer trop de pression sur les épaules. Même si je me focalise sur le seizième de finale, je n'ai pu m'empêcher de jeter un coup d'oeil sur le tableau. Il est très relevé. Cela dit, en escrime, tout dépend de la forme du jour. Je peux très bien être éliminé dès le premier match ou aller en demi-finales.» C'est tout le mal que l'on souhaite au sympathique Verviétois.

© La Libre Belgique 2004