AMBIANCE

Le sport belge avait décidé de s'auto-célébrer vendredi après-midi, sur le plateau du Heysel. Profitant de la remise des trophées de sportive et sportif de l'année, décernés par les journalistes sportifs, le Comité olympique et interfédéral belge souhaitait mettre à l'honneur les athlètes qui avaient écrit les plus belles pages du sport belge.

Les petits plats avaient donc été mis dans les grands, pour que chacun se souvienne des exploits passés du sport belge.

C'est néanmoins par le présent que l'on a commencé. Honneur aux dames, c'est d'abord le nom de la sportive de l'année qui a été révélé. Comme l'année dernière, il s'agit de la tenniswoman Kim Clijsters. Ses performances ont été remarquables cette année et son trophée n'est pas usurpé. Dominique Van Roost et Gella Vandecaveye, respectivement troisième et deuxième du palmarès seront sans doute déçues. La judokate affirmait d'ailleurs qu'en cette année 2000, année olympique, il fallait que ce soit des athlètes présents aux JO qui soient récompensés.

Sur les six nominés (trois hommes, trois femmes), il y avait quatre athlètes présents à Sydney. Ce sont les deux autres qui ont raflé la mise. En effet, c'est Joël Smets qui l'a emporté chez les messieurs. Déjà lauréat du mérite sportif, attribué la veille, le motocrossman champion du monde n'aura rien laissé à ses dauphins Filip Meirhaeghe et Mohammed Mourhit.

Mais, comme disait Ivo Van Aken, le capitaine de l'équipe belge de Fed Cup, à l'issue de la cérémonie, il faut bien faire un choix. Tous les athlètes nominés, et bien d'autres encore, ont réalisé des prouesses cette année. Mais il faut bien choisir. Et personne ne peut dire: "Mes résultats sont meilleurs que les siens". Enfin si, il y en a un qui peut le dire, c'est Eddy Merckx.

Eddy Merckx. S'il y en a bien un qui fait l'unanimité autour de lui, c'est bien notre champion cycliste. Personne ne penserait à remettre en question son titre, décerné hier, de Figure sportive du siècle. Son palmarès est inégalable, et on s'est chargé de rappeler à l'assemblée tous les mérites du Cannibale.

Eddy, comme rappelait ce journaliste flamand, c'est la Belgique. A l'époque de ses exploits, et même après, lorsqu'un Belge à l'étranger peinait à faire comprendre d'où il provenait, il lui suffisait de mentionner le nom de Merckx pour arriver à ses fins. Oh yes, Eddy Merckx, Belgium, oh yes!

Peu avant l'hommage à Eddy, ponctué d'une standing ovation, c'est l'ensemble des médaillés olympiques belges de l'histoire qui avaient reçu les honneurs. Peut-être pour compenser le palmarès du sportif de l'année.

Grimpèrent alors sur la scène une belle brochette d'athlètes de toutes époques: de Patrick Sercu à Filip Meirhaeghe, de Robert Vande Walle à Ann Simons, participants aux Jeux olympiques comme aux paralympiques

C'était la fête du sport belge. La fête des champions belges. Vice-président de la commission médicale du CIO, Jacques Rogge se chargea de mettre en exergue les qualités de nos champions, les valeurs qu'ils véhiculent et les modèles qu'ils représentent pour la société.

Dans cette ambiance euphorique, le Dr Rogge apporta tout de même un bémol: la condition des jeunes Belges est loin d'être parfaite et la tâche principale à venir sera de l'améliorer. Puissent les champions honorés servir de modèle aux jeunes et les ministres présents accorder les moyens d'atteindre cet objectif.

Sur sa lancée, on aurait pu penser que Jacques Rogge allait, enfin, annoncer sa candidature à la succession de Juan Antonio Sammaranch à la tête du CIO. Mais ce n'était pas encore le jour J. Patience

© La Libre Belgique 2000