Mardi après-midi, sous la pression d'ONG, de syndicats et de partis politiques, le Comité olympique belge (COIB) avait clairement clarifié sa position quant à la liberté d'expression de nos sportifs lors des Jeux olympiques : dans le respect de la Charte olympique, les athlètes belges pourront s'exprimer librement, à titre personnel. Cette charte ne permet toutefois pas d'exprimer d'opinion politique sur les sites olympiques que ce soit au Village olympique ou sur les lieux des compétitions.

En bref, l'espace de liberté restera très restreint. D'autant plus que les membres de la délégation en Chine se retrouveront tout de même bien encadrés : "Comme à l'habitude, les athlètes recevront un code de conduite" confirmait Luc Rampaer, directeur de la communication au COIB. Celui-ci concerne les tenues à porter lors des cérémonies ou compétitions, ou aussi les disponibilités obligatoires pour la presse, et contient aussi des extraits de la Charte olympique. Peur de dérapages ? Pas vraiment. Il y aura des séances d'encadrement et le ministère de l'Intérieur va sûrement briefer nos représentants. De plus, ils sont adultes et certains d'entre eux, comme Hellebaut pour WWF, ou Dejaeghere et Gourmet sont déjà très engagés. Ils l'ont toujours fait avec intelligence. Je crois qu'une interdiction totale aurait pu, elle, créer des conflits."

Pour François Gourmet, décathlonien émérite, la décision du COIB allait de soi : "Avec Veerle (Dejaeghere), on a assisté à un débat organisé par Ecolo et Groen. Nous avons été plus informés de tous ces abus qui ont lieu en Chine et je me suis dit qu'il fallait pousser le Comité à prendre des décisions."

Un dilemme se pose néanmoins : faut-il participer à des JO dans un pays aux agissements souvent contraire aux droits de l'homme ? L'athlète liégeois n'a pas de problème de conscience à ce sujet, au contraire. "Je ne pense pas que ce soit une bonne idée de boycotter ces JO. On ne voit déjà pas grand-chose de ce qui se passe là-bas, alors ne pas y aller, ce serait comme ignorer les abus. Il faut profiter de cette vitrine représentée par les Jeux pour dénoncer les abus."