Ce lundi, à Cortina d’Ampezzo, en Italie, sonnera le coup d’envoi de la 46e édition des championnats du monde de ski alpin. Ils se clôtureront le dimanche 21 février.

Ces championnats (qui proposent 11 épreuves au total) auront évidemment une coloration particulière en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus mais le spectacle sera au rendez-vous. Ils seront sept skieurs belges (quatre garçons et trois filles à l’assurer). Le chef de file du groupe sera sans nul doute Armand Marchant (voir son interview ci-contre).

On trouvera à ses côtés Tom Verbeke, 23 ans, qui a déjà remporté des slaloms de coupe d’Europe et s’aligne régulièrement en coupe du monde, Dries Van den Broeck, gantois de 25 ans, qui a réussi, en février 2017, l’exploit de battre, lors d’un slalom parallèle disputé à l’occasion du championnat du monde de Saint-Moritz, le grand champion autrichien Marcel Hirscher, invaincu jusque-là, et le futur kinésithérapeute Eliot Grandjean, de Theux, lequel, à 20 ans à peine, a déjà signé d’excellents résultats. Hélas, un autre champion belge, spécialiste du géant, manquera à l’appel. Sam Maes, 22 ans, natif d’Edegem, s’est déchiré les ligaments du genou à l’entraînement. On ne le reverra hélas plus sur les pistes cette saison.

Chez les filles, on suivra avec attention les performances de Kim Van Reusel, d’Axelle Molin et de Sarah Roggeman. La première, une Anversoise de 23 ans, se défend tant en slalom qu’en géant. La deuxième, 19 ans, vient de remporter, en Italie, deux slaloms chez les juniors. La troisième, née à Wavre-Sainte-Catherine, vient de fêter ses 20 ans.

Mieux détecter les jeunes talents

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C’est sûr, les Belges aiment le ski. Il n’y a pas de montagnes dans notre plat pays et l’enneigement y est parcimonieux mais, chaque année, des dizaines de milliers de familles prennent le chemin des stations de sports d’hiver françaises, suisses, italiennes etc. Certes, le Coronavirus a plombé l’ambiance cet hiver mais pour beaucoup, il s’agit là d’un simple contretemps.

Pour autant, la Belgique n’a pas fabriqué de grands champions de ski alpin. Les plus anciens gardent le souvenir de Patricia du Roy de Blicquy, 13e de la descente et 8e du slalom aux Jeux olympiques d’hiver d’Innsbruck, en 1964, de Robert Blanchaer ou, plus près de nous, de Karen Persyn, 27e du slalom des Jeux de Vancouver, en 2010, plus de 40 fois championne de Belgique entre 1993 et 2015 et 3e de la coupe d’Europe en 2008.

Clubs et fédération

Cette dernière est, aujourd’hui, directrice technique du ski alpin au sein de la Fédération francophone de ski. Sous contrat ADEPS, elle a pour mission de suivre les athlètes de haut niveau de la discipline : “Cela consiste à regarder leurs résultats, à aller les voir deux ou trois fois par an pour recueillir leurs demandes et leurs éventuelles doléances, à assurer l’intendance, en collaboration avec les fédérations néerlandophone (Sneeuwsport) et germanophone.” En vérité, la Fédération francophone de ski a pour objectif de détecter les jeunes talents et de les faire progresser mais aussi d’accompagner les skieurs professionnels dans leur carrière. Elle le fait de concert avec les clubs, dont les plus connus sont le club de ski Val de Wanne, le ski racing team Wallonia Belgium ou le ski club de Malmedy.

C’est ainsi qu’avec l’aide de ces clubs, la Fédération organise des journées de détection ouvertes principalement aux 5-12 ans sur les pistes indoor (il y en a trois… en Flandre) du pays. Sous l’égide de la Fédération royale belge de ski, sont mis en place un circuit de compétitions diverses et les championnats de Belgique, ouverts à diverses catégories d’âge.

Des points sont attribués aux skieurs en fonction de leurs résultats et ces points servent en quelque sorte de guide à la commission des courses de ski alpin (laquelle réunissent 6 francophones, 6 néerlandophones et 1 germanophone) qui, au sein de la FRBS, désigne les champions qui représenteront la Belgique dans les épreuves internationales.

Pour prétendre y participer, il faut détenir une licence décernée par la Fédération internationale de ski (FIS), selon des critères sportifs exigeants, aux compétiteurs de plus de 16 ans.

2 000 affiliations

Selon Annabelle Arquin, ancienne championne de Belgique de géant, qui a occupé des fonctions importantes au sein de la Fédération francophone, détecter les jeunes talents est difficile. “Il y a des milliers de jeunes Belges qui dévalent les pistes françaises, suisses ou autrichiennes mais on ne les connaît pas. Il fut un temps où les Français organisaient une remise de prix réservée aux jeunes skieurs belges qui participaient avec bonheur à des compétitions mises sur pied en France. Cela permettait à nos clubs de les repérer et d’en enrôler. Mais cette pratique a disparu et n’a pu être relancée parce que la loi sur le respect de la vie privée est devenue plus sévère et que les Français n’entendent plus jouer le jeu.” Malgré tout, la Fédération belge enregistre à peu près 2 000 affiliations nouvelles chaque année… normale.

Un sport individuel et onéreux

Lauren Persyn met en évidence les efforts entrepris par le club pour intégrer les jeunes pousses et par la fédération pour encadrer les “promesses”, sous forme de stages, d’entraînements et de compétitions diverses comme les championnats des “lowlands” (pays plats), qui permettent aux petits Belges de se mesurer à des adversaires néerlandais, anglais, irlandais ou danois.

Elle évoque aussi l’existence, mais du côté flamand, de pistes “indoor” réellement compétitives (voir ci-contre) mais elle reconnaît que les meilleurs n’ont de chances de percer que s’ils trouvent de quoi construire autour d’eux une structure professionnelle (avec entraîneur personnel, sponsors privés et programme d’entraînement individualisé). “Le ski demeure un sport individuel et onéreux. Nous sommes là pour faciliter la tâche de nos élites, notamment sur le plan administratif, mais c’est surtout “la base” qu’il faut travailler.” En attendant Annabelle Arquin se veut optimiste : “nous avons de bons skieurs, ils sont même de plus en plus performants. Quand nous parviendrons à mieux détecter les jeunes qui sont doués, et il y en a pas mal, nous aurons encore progressé.”

Demandez le programme

Voici le programme des 46e championnats du monde de ski alpin qui se dérouleront du lundi 8 au dimanche 21 février, à Cortina d’Ampezzo, en Italie.

Dimanche 7 février : Cérémonie d’ouverture 18 h

Lundi 8 février : Combiné dames 11 h 30 et 14 h 30

Mardi 9 février : Super-G dames et Super-G hommes 10 h 30 et 13 h

Mercredi 10 février : Combiné hommes 10 h 30 et 13 h 30

Jeudi 11 février : Entraînements descente dames et hommes

Vendredi 12 février : Entraînements descente dames et hommes

Samedi 13 février : Descente dames 11 h

Dimanche 14 février : Descente hommes 11 h

Lundi 15 février : jour de repos

Mardi 16 février : Slaloms parallèles 9 h et 14 h

Mercredi 17 février : Slalom parallèle par équipes 12 h 15

Jeudi 18 février : Slalom géant dames 10 h et 13 h 30

Vendredi 19 février : Slalom géant hommes 10 h et 13 h 30

Samedi 20 février : Slalom dames 10 h et 13 h 30

Dimanche 21 février : Slalom hommes 10 h et 13 h 30