Sobrement baptisée par ses organisateurs l’Odyssée, la 6e édition sud-américaine du Dakar a pris son envol hier de Rosario. Samedi soir, plus de 500 000 spectateurs étaient attendus pour la cérémonie de départ, sur les rives du Rio Parana et à l’ombre du Monumento de la Bandera, hommage à la création du drapeau argentin. Selon les forces de l’ordre, signe de l’extraordinaire engouement de l’épreuve auprès de la population sud-américaine, ils étaient finalement plus d’un million de Rosarinos à saluer les 712 concurrents et leurs 431 véhicules, prêts à partir à la recherche de leur Ithaque personnelle.

Hier matin, à 4h20 heure locale, Cyril Despres, vainqueur en catégorie motos l’an dernier, était le premier à s’élancer au guidon de sa nouvelle Yamaha à l’assaut des 405 km de liaison menant jusqu’au départ de la première étape spéciale, longue de 180 kilomètres.

Identique pour les concurrents motos, autos et camions, ce qui sera l’exception cette année, cet apéritif prenait la forme de pistes souvent étroites et caillouteuses, sillonnant la Serra de Cordoba. Un tracé délicat ne pardonnant rien et surtout pas les excès d’optimisme ou d’adrénaline. Après quelques kilomètres seulement, Olivier Pain en faisait les frais. Heureusement, cette petite chute ne faisait pas perdre grand-chose à l’officiel Yamaha, même s’il concédait plus de 6 minutes à l’arrivée.

Sur deux roues, le duel annoncé devrait avoir lieu puisque c’est finalement Joan Barreda Bort qui imposait dans cette première spéciale sa Honda devant la KTM de Marc Coma (37"), la Yamaha de Cyril Despres, relégué à quand même 1:40, la Sherco de Duclos (1:56), l’autre Honda de Gonçalves (2:25) et la KTM de Chaleco Lopez (3:24). Eric Palante et Jean-Louis Blanpain, les deux seuls motards belges engagés cette année, ont rallié l’arrivée sans encombre.

Parti deux heures et demie plus tard, Stéphane Peterhansel a déjà pu se rendre compte qu’il n’allait pas pouvoir se reposer sur ses lauriers puisqu’il perdait plus de quatre minutes par rapport à Carlos Sousa et son étonnant Haval, le 4x4 chinois cachant une mécanique BMW alignée par le team SMG. Le plus proche du Portugais était l’Argentin Terranova, qui devançait les autres Mini d’Al-Attiyah et Roma. Sur son buggy SMG, Carlos Sainz a également devancé Peterhansel alors que De Villiers perdait plus d’un quart d’heure.

De sérieux soucis mécaniques également pour Chabot, l’équipier de Sainz chez SMG, en panne de direction, pour Alvarez, sur qui comptait beaucoup le team Ford Afrique du Sud, et pour Gordon, qui s’était déjà élancé très en retard avec son Buggy HST Gordini.