Le compteur est donc resté bloqué sur le chiffre 3! Analysé au premier degré, ce chiffre exhale davantage un parfum de désolation qu'un fort goût d'euphorie. Mais quand on y regarde de plus près, la conquête de trois médailles olympiques, pour la Belgique, s'inscrit en fait dans la moyenne habituelle de notre pays, du moins depuis les JO de 1928 à Amsterdam. Bien sûr, il y a eu des poussées de fièvre, comme à Londres (7), à Montréal (6) et à Atlanta (6), voire encore il y a quatre ans à Sydney avec une moisson de 5 médailles. Mais il y a eu aussi des années froides, comme Melbourne, Mexico, Munich et Séoul, quatre villes que la délégation belge quitta avec deux maigres médailles, et Moscou (1). Le bilan d'Athènes, sans être brillant, n'est donc pas non plus exagérément catastrophique. Sauf, et c'est quand même important de le signaler, que deux des trois médailles acquises l'ont été par des athlètes, Henin et Merckx, issus de sports typiquement professionnels où leur formation n'a jamais été liée, de près ou de loin, aux aides fournies par le COIB. Ils constituent forcément l'arbre qui cache la forêt, même si la Belgique, dans d'autres disciplines moins médiatisées à l'année que ne le sont le tennis et le cyclisme, est finalement passée très près du podium. En cela, les places finales d'athlètes comme Kim Gevaert, Katleen Smet, Roel Paulissen, nos cavaliers ou nos rameurs doivent se lire comme de réelles très belles performances. Car aujourd'hui, et c'est le constat le plus fort à tirer de ces Jeux, c'est qu'il n'y a vraiment plus aucune place pour l'amateurisme ou l'improvisation, et ce, qu'importe la discipline pratiquée. Seuls ceux qui sont talentueux, certes, mais surtout qui sont très bien préparés et très bien encadrés peuvent espérer, désormais, gravir les marches du podium. Et là, nous ne sommes pas convaincus que tout est fait, en Belgique, pour que ces paramètres du succès accompagnent un athlète dans sa préparation olympique. Une vérité que le COIB a quatre ans pour méditer!

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