Sport des pauvres´, `sport CPAS´, `sport poubelle´, voilà un nombre non exhaustif d'adjectifs autrefois assimilés aux sports de quartier. Des préjugés profondément installés dans les mentalités et qui, heureusement, tendent aujourd'hui à disparaître grâce à la volonté d'un grand nombre d'acteurs sociaux, sportifs mais aussi institutionnels.

`Les préjugés doivent cesser! Le sport de quartier n'est plus exclusivement axé sur l'insertion des jeunes défavorisés. Actuellement, nous travaillons davantage pour le développement social de tous les jeunes.´

Coordinateur chez Robin Hood Development - une ASBL qui s'occupe de la gestion de projet et de structure à finalité sociale - Hubert Roland est l'une des chevilles ouvrières d'une discipline sportive qui s'est fortement développée dans les années 90 au point de nécessiter une nouvelle organisation.

`Durant dix ans, un travail de fond a été réalisé sur le terrain. Nous disposons maintenant d'une base solide et performante. Il était important que ce secteur se structure car chacun travaillait dans son coin. L'appui de la Fondation Roi Baudouin a rendu cela possible et le projet de rassemblement, au sein d'un réseau, de tous les acteurs du sport de quartier est né en 99.´

Deux ans plus tard, le réseau est entré dans sa phase opérationnelle (voir ci-dessous) et regroupe plus de quatre-vingt acteurs sociaux venus de plus de soixante-cinq communes de Bruxelles et de Wallonie. Le travail ne manque pas...

`Nous ne voulons pas créer une nouvelle structure qui ferait de l'ombre à nos partenaires. Notre but est d'ailleurs de faire connaître les différents opérateurs et de renforcer les positions de chacun. Le Réseau Sports de Quartier est un espace transversal de concentration et de réflexion.´

Informer et communiquer, telle sera la mission du Réseau. Une structure qui, à défaut d'organiser des actions, donnera une impulsion à ses membres afin `de favoriser le développement de projet en tout genre´.

Davantage citadin que villageois, davantage masculin que féminin, voilà encore deux idées préconçues face auxquelles le Réseau Sports de Quartier ne compte pas rester de marbre.

´Premièrement, un des objectifs de la fondation sera de dynamiser la participation des filles. Elles sont fortement minoritaires car elles ne voulaient pas être associées au sport de quartier qui avait une étiquette de `sport insertion´. Il faudra arriver à un équilibrage entre filles et garçons avec, sans doute, des activités d'expressions sportives.´Deuxièmement, si on voyait avant une dimension urbaine aux sports de quartier, il existe maintenant une dimension rurale. Le sport et la culture doivent être disponibles partout où on vit. C'est pour cela que le camp sportif vient au milieu du village grâce à ses espaces sportifs mobiles.´

Transporté par un souffle nouveau, le sport de quartier grandit, se structure, s'épanouit, s'étend... pour le plus bien de la société. Des jeunes comme des moins jeunes.

`En ne visant pas les performances comme dans les clubs, le sport de quartier a retrouvé les bases fondatrices du sport. Il y a une demande très importante qui est en train de se développer. C'est une à coup sûr une discipline sportive d'avenir...´

© La Libre Belgique 2001