Vénérable institution, longtemps réservée à des gentlemen en blazers pour qui tradition rimait avec conservatisme, la Coupe de l'America, de retour pour la première fois en Europe depuis 150 ans après la victoire en 2003 du défi suisse Alinghi, a connu depuis lors une véritable révolution menée par son patron, Ernesto Bertarelli.

Le 2 mars 2003, coup de tonnerre à Auckland : les Néo-Zélandais viennent de perdre la Coupe de l'America, battus sans appel (0-5) par Alinghi, un défi suisse. Pour la première fois en un siècle et demi (la Coupe est née en 1851, en Grande-Bretagne), l'aiguière d'argent, longtemps propriété américaine, va retrouver la vieille Europe.

Dépourvus d'ouverture maritime, les Suisses, qui sont contraints à organiser l'événement ailleurs en Europe, vont choisir Valence, en Espagne, à l'issue d'un appel d'offres. Bertarelli et ses conseillers vont, dès lors, engager un véritable dépoussiérage de l'épreuve. En homme d'affaires avisé, Bertarelli, héritier d'une fortune colossale à la tête du groupe pharmaceutique Serono (qu'il vend en 2006) vise à donner plus de visibilité à l'événement et à améliorer le retour sur investissement des parraineurs, en multipliant les événements avant la finale fixée en juin. Dès le mois de septembre 2004, se disputent à Marseille quelques prérégates ouvertes aux challengers et au détenteur de la Coupe.

"Je suis très satisfait de ce nouveau format, comme le sont les sponsors. Ils en redemandent ! Les prérégates ont été la plus grande révolution dans la Coupe de ces vingt dernières années. Ce qui a permis que les équipes ne s'endorment pas. La vie de la Coupe est présente pendant ces quatre ans où il fallait créer les infrastructures." (AFP)