L'année 2001 aura incontestablement réussi au basket belge. Tout d'abord, il y eut l'excellente prestation d'Anvers en Coupe Saporta, qui manqua de peu de devenir le quatrième club belge (après le Standard en 1972, Malines en 1973 et Ostende en 1999) à atteindre les demi-finales d'une compétition européenne, s'inclinant finalement en quarts de finale contre le club russe de Kazan.

Qu'à cela ne tienne, c'est finalement Ypres qui réalisait l'exploit (en Coupe Korac cette fois-ci), échouant aux portes de la finale au profit des Yougoslaves de Vrsac. Un club qui s'inclinait ensuite lors de l'ultime épreuve face à un Malaga dominateur emmené par Jean-Marc Jaumin, qui devenait par conséquent le premier basketteur belge de l'histoire à remporter une compétition européenne.

UNE PROGRESSION CONSTANTE

Un sacre somme toute logique pour ce bruxellois de père français et de mère croate, qui avait déjà atteint les demi-finales de cette même Coupe Korac en 1999 (avec Ostende) avant de s'incliner en finale l'année suivante face à Limoges, alors sous les couleurs de Malaga. A chacune de ces différentes étapes, Jean-Marc Jaumin avait atteint un pallier jusqu'alors inégalé pour un membre d'un basket belge dont Eric Struelens - riche de ses deux titres nationaux conquis successivement en France et en Espagne - restait néanmoins le porte-étendard attitré.

Ce pallier, JMJ l'a finalement franchi ce mercedi 18 avril. Un succès qui restait pourtant, il n'y a encore que quelques mois, plus qu'aléatoire pour le meneur de notre équipe nationale. Révélé à Ostende après être successivement passé par Etterbeek, Karlovac (en Croatie, où il séjourna entre l'âge de 12 et 18 ans) et Fleurus, Jean-Marc Jaumin avait rapidement éclot sous les ordres du mythique Bozidar Maljkovic avant de connaître quelques problèmes lors de l'intersaison, où il vit débarquer le prometteur Carlos Cabezas et le récent médaillé d'argent de Sydney, Moustapha Sonko, soit deux âpres concurrents au poste de meneur de jeu.Inquiet quant à son avenir dans l'équipe et tourmenté par les problèmes physiques, JMJ vécut sans aucun doute une saison plus difficile que la précédente (19 minutes par match contre 25 l'an dernier, 9,2 points par match contre 7,2, 2,2 passes décisives pour 3,4), sans pour autant perdre confiance, réalisant finalement que son jeu était complémentaire à celui de ses deux rivaux. Et si c'est du banc qu'il aborda les ultimes rencontres de Coupe Korac, il restait néanmoins la première option de Maljkovic dans les instants décisifs.Lors de la finale aller contre Vrsac, par exemple, c'est au moment de la montée de Jaumain que Malaga prit son envol pour finalement l'emporter facilement (77-47), scellant de la sorte le verdict de la finale huit jours avant le sacre. Une rencontre lors de laquelle JMJ foula le terrain durant 24 minutes, soit presque autant que Sonko et Cabezas confondus. Un retour au premier plan pour le match le plus important d'une carrière, comment pourrait-on rêver mieux?

WAUTERS, MIEUX QUE JAUMIN?

Intégrer l'élite européenne, c'est très bien. Mais en basket, rejoindre le gratin américain, c'est encore mieux, me direz-vous. Et si ce fait d'armes reste pour l'instant absent du palmarès de nos représentants, ce n'est par contre pas le cas de celui... de nos représentantes.

Le 26 avril dernier, Dan Hugues, coach des Rockers de Cleveland, alors lanterne rouge de la WNBA (la petite soeur de la NBA), décide d'utiliser le premier choix dont il dispose lors de la draft (recrutement annuel) pour sélectionner Ann Wauters, qui évolue alors à Valenciennes, après être successivement passée par Saint-Nicolas et Alost.

La nouvelle fait l'effet d'une bombe: Wauters n'a à l'époque que 19 ans, mais possède déjà deux années d'expérience au sein du championnat de France, l'un des meilleurs d'Europe. Outre sa grande taille (1,94 m), Ann a l'avantage d'être nettement plus mobiles que la plupart des autres pivots, et possède à la fois un solide jeu dos à l'anneau et un tir à distance fiable. Dan Hugues ne regrettera d'ailleurs pas son choix: si Ann connaît un temps de jeu plus limité que celui auquel elle était habituée, son apport du banc (6,1 points, 4,1 rebonds, 52 pc de réussite) se révèle très précieux pour des Rockers qui, en une seule saison, passent du statut de pire équipe de la ligue à celui de finaliste de conférence (perdue face à New York).La saison de WNBA s'étalant de fin mai à fin août, Ann Wauters eut tout le loisir de regagner ensuite ses pénates à Valenciennes. Enrichie de son expérience américaine, elle s'affirma cette saison comme le véritable leader de son équipe (19,5 points, 11,8 rebonds, 65 pc de réussite en championnat de France), alors que Valenciennes terminait la saison en première position avant d'aborder le tournoi de la Fédération, sorte de mini-championnat entre les quatre meilleurs clubs du pays.

Valenciennes s'est également qualifié pour le Final Four de l'Euroligue, qui se disputera se week-end, aux côtés de Brno, Bourges et Pecs. En cas de victoire des Nordistes, Ann Wauters pourrait donc rejoindre Jean-Marc Jaumain et offrir à la Belgique son deuxième sacre européen en une semaine!

Une consécration? Pas forcément. Outre le championnat, il lui restera encore à briguer la Coupe de France avant de retrouver, une fois la saison «européenne» terminée, les parquets de la WNBA...

© La Libre Belgique 2001