Seulement troisième du concours général, la Roumaine Andrea Raducan a obtenu deux lots de consolation à la poutre et au sol, lors des 35es Championnats du monde de gymnastique artistique qui ont pris fin dimanche, à Gand.

A la poutre, elle a battu en brèche avec 9,662 points la suprématie chinoise, marquée par la médaille d’or aux précédents Championnats du monde de Tianjin (Chine), en 1999, et le titre olympique à Sydney. Il est vrai que Sun Xiaojiao était très isolée. Et que, si elle réussit un flic flac sur une main, sa sortie un peu hésitante en raison d’un problème à son pied gauche bandé ne lui laissa que la médaille de bronze avec 9,575 points.

Une cicatrice assez inesthétique sous la fesse gauche indiquant une opération chirurgicale aux ischio-jambiers n’a d’autre part pas empêché Raducan de conserver son titre de Tianjin au sol (9,550). Cela n’a toutefois tenu qu’à un fil, la Brésilienne Daniele Hypolito faisant preuve de qualités acrobatiques et chorégraphiques exceptionnelles. L’argent dont s’empara cette petite (1,36 mètre à 17 ans) gymnaste explosive (9,487) aurait fort bien pu se transformer en or sans un petit pas arrière à la réception d’un salto avant tendu à la fin de sa deuxième diagonale.

Chez les messieurs, le Roumain Marian Dragulescu s’est imposé au saut (9,668) non sans une forte contestation d’un public nombreux et connaisseur. A l’origine de cette fronde, la faible note accordée au deuxième saut du Letton Evgueni Sapronenko, qui était le même que celui effectué par Dragulescu (double salto et demi avant groupé avec demi-tour) et avait été absolument parfait. Les juges en décidèrent autrement qui accordèrent 9,487 à Sapronenko, finalement deuxième avec une moyenne de 9,643 pour ses deux sauts, contre 9,750 à Dragulescu.

Le Cubain Charles Leon Tamayo obtint une médaille de bronze assez inattendue (9,624) à cet appareil avant que son compatriote Eric Lopez ne fasse encore mieux avec l’argent (9,675) aux barres parallèles. L’or revint à Sean Townsend (9,700), les Américains étant sur le point de rejoindre les maîtres japonais, fâcheusement absents, à cet appareil de plus en plus utilisé comme une double barre fixe.

Ce fut cependant le minuscule Grec Vlasios Maras qui créa la plus grande surprise en remportant impeccablement la barre fixe (9,737), l’appareil le plus susceptible de produire des résultats un peu originaux. On en veut comme autre preuve la médaille d’argent du remplaçant australien Philippe Rizzo (9,725). Reste que les champions grecs n’ont sans doute pas fini de se distinguer dans la perspective des jeux Olympiques de 2004. (AFP)