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Du jeu de paume à la pelote belge

HUGUES FERON

Publié le - Mis à jour le

Le terme «Pelote» vient du sanscrit «Pel» qui veut dire pousser. Le jeu de balle est né au 12e siècle a.c., pour certains dans le Péloponèse et pour d'autres à Sparte. A Rome, le médecin de l'empereur Auguste lui conseillait la pratique du jeu de balle.

D'abord pratiqué à l'extérieur, le jeu se pratique ensuite dans les gymnases, les thermes d'Agrippa, de Néron ou de Titus. Virgile, Horace et Mécène étaient de grands joueurs de Paume.

Avant eux, les Grecs pratiquaient aussi ce jeu, notamment dans la 2e partie des Jeux Olympiques, comme l'a relaté Homère en 900 a.c. A noter également qu'Alexandre le Grand fit élever une statue à Aristonicus, célèbre joueur de jeu de balle antique.

EN GAULE AU 12e SIECLE

Le jeu de paume est introduit en Gaule par les Romains à partir du 12e

siècle. A cette époque, les chanoines et docteurs régents s'y livraient avec passion. Le jeu gaulois a subi par la suite l'influence des pratiques et règles des jeux espagnols, italiens et orientaux. Du 12e au 14e siècle, il passe des cloîtres aux villes et aux châteaux. Le jeu n'était accessible qu'aux classes riches et de rang élevé de la nation, celles qui avaient besoin de se «détendre l'esprit».

Les hommes du peuple se détendaient quant à eux avec les boules (ancêtres de la pétanque) et les quilles.

A partir du 14e siècle, les «manants» éprouvaient des difficultés à trouver un endroit de jeu. Les seuls sols dallés qui leur étaient accessibles étaient ceux du parvis des églises. Or, le jeu de balle était interdit à proximité des cimetières

A la Renaissance, sous Henri IV, la raquette remplaça le gant de cuir.

Le jeu était alors pratiqué par toutes les classes sociales, mais fut l'objet d'interdits partiels en Flandre car il était prétexte à des bagarres et des jeux d'argent dans les tavernes.

A la fin du 15e siècle, les seigneurs jouaient plutôt à la raquette (ancêtre du badminton) et les ouvriers et paysans au gant. Les parties se composent alors de trois joueurs, qui lancent un défi à la partie adverse. On jouait à la balle dans des villes comme Gand, Ath ou Alost, et partout dans les campagnes avoisinantes.

Au 16e et 17e siècle, le jeu continue à se développer (de Anvers à Mons, en passant par Lierre, Audenaerde, Zandhoven ou Renaix), malgré l'oppression de la domination espagnole dans nos contrées. A Bruxelles, l'actuel Petit Sablon et le «Prince d'Orange» étaient le lieu de rendez-vous des amateurs du jeu de balle. La capitale du jeu reste cependant Bruges, où le jeu y est sévèrement réglementé.

LONGUE PAUME POUR LES CLASSES POPULAIRES

Au 18e

siècle, une distance se marque de plus en plus entre les joueurs de longue paume et ceux de courte paume: les bourgeois et les nobles abandonnent les premiers au profit des seconds. La longue paume reste le jeu favori des classes populaires. Il est peu à peu délaissé par la Flandre, mais adopté par la région hennuyère.

A Bruxelles, des accidents au Sablon ont pour conséquence la promulgation de l'interdiction de jouer sur la voie publique. Des pétitions le remettent cependant en vigueur à la place du Renard, devenue place du jeu de balle.

A la naissance de la Belgique en 1830, le pays s'enthousiasme pour le jeu et le Hainaut se place en tête avec les équipes d'Ath, de Mons, Braine-Le-Comte et Soignies, suivi par Chimay, le Brabant wallon, Bruxelles, Charleroi et Namur. Une réglementation rudimentaire voit le jour et est bien acceptée par les joueurs. Les équipes se composent alors de joueurs locaux et étrangers, entourant un jeune noble du coin: c'est le premier pas vers la création des clubs.

En 1853, la «Permanente Commissie» se forme avec des comités du jeu de balle, et prend en charge la réorganisation des jeux en Hollande. Le «Koninklijke Nederlandsche Kaatsband» se forme en 1897. S'ensuivit, en opposition, la formation de plusieurs fédérations belges différentes.

En 1902 fut ainsi créée la fédération nationale du jeu de balle pelote, dont les règles sont assez semblables à celles que nous connaissons encore en ce début de troisième millénaire

D'après «Bref historique des jeux de balle Paume-Pelote de Jules Willot, paru lors du 60e anniversaire de l'Entente Braine - Soignies

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