Omnisports

Existe-t-il une méthode `Bavcevic´ ?

PHILIPPE VANDENBERGH

Publié le - Mis à jour le

ENTRETIEN

Quand il a débarqué à Pepinster en 1999, le club verviétois occupait la lanterne rouge du championnat. `Mais la salle était quasi pleine, se souvient le coach croate, un soutien qui ne peut être que le reflet d'un certain esprit.´ Car à Pepinster l'esprit est bien là. Et pas qu'un peu. `Vous ne pouvez pas construire sur du sable´, reprend-il, un brin philosophe. `Un bon esprit est le garant des meilleures fondations. Et puis il faut y aller pas à pas, pierre après pierre, en un mot construire.´

Avec des jeunes du cru

Et les résultats sont là. Deux saisons et demie plus tard, Pepinster occupe la deuxième place du classement et s'apprête à disputer un très important derby face à Liège avec cinq jeunes joueurs issus du centre de formation dans l'effectif pro.

`C'est ma plus grande fierté. Nous avons modelé les Herzelle, Muya, les frères Massot ou un Kris Sergeant, explique Nksa Bavcevic, mais surtout nous les avons éduqués dans leur rapport avec les médias, avec les supporters ou avec les autres joueurs au point que Giovanni Bozzi, le coach de l'équipe nationale, qui sera notre adversaire samedi, les a cités en exemple.´

Bénéficiant d'un environnement favorable où le club, doté d'une solide souche bénévole, s'identifie à sa région, Pepinster a donc su garder un esprit familial dans des structures désormais professionnelles. Jusqu'à un préparateur physique, Bruno Deffet, engagé cette année et dont le job consiste surtout, comme il le dit, `à garder les joueurs fit and well´. Car, à Pepinster, ça bosse dur. `Il n'y a pas de recettes miracles, reprend Bavcevic. La seule que je connaisse c'est le travail, cent fois remis sur le métier même si je reconnais avoir mes petits secrets.´

Preuve à l'appui, il nous fait alors descendre dans son antre. Là une vidéothèque recense tous les adversaires de cette année. Chacun a droit à sa petite case. Et à ses systèmes décortiqués au tableau noir. `L'avant-veille de chaque match, chaque joueur reçoit un petit carnet de route détaillant les systèmes utilisés par l'adversaire. A l'entraînement, je les oblige à les jouer car pour pouvoir battre un adversaire, il faut entrer dans sa tête...´

Et la méthode Bavcevic ne s'arrête pas là. Elle s'enrichit aussi d'investissement personnel. `Je reviens effectivement de Boston (NdlR: un voyage à ses frais) où j'ai eu l'occasion de suivre les Celtics pendant une semaine et j'y ai encore appris pas mal de choses. Là les joueurs jonglent avec 35 systèmes différents pour chaque cas de figure. Ici, j'arrive à peine à en faire appliquer une dizaine. Or, en basket, l'improvisation n'est pas toujours la meilleure conseillère. Comme dans n'importe quel métier.´

Paroles de sage et d'un travailleur. Voilà en tout cas les Liégeois prévenus.

© Les Sports 2002

A lire également

Facebook

Cover-PM

cover-ci

Immobilier pour vous