Ce qui est impossible en France l'est bien en Belgique. Toutes les personnes contactées sont formelles : l’organisation de la joute de MMA en Belgique entre les deux rappeurs est non seulement possible, mais surtout bien avancée…

Le spectre de la grosse blague s’éloigne peu à peu, selon les infos que La DH a pu recueillir jusqu’ici. Il devrait bien y avoir, dans les mois à venir, un combat organisé, sur le sol belge, entre les rappeurs français Booba et Kaaris. La revanche de la bagarre de l'aéroport d'Orly, inorganisable en France (ce qui aurait été la première volonté des artistes et leur entourage) où l’organisation de combats amateur en MMA est verrouillée, est bel et bien possible dans un octogone en Belgique. Mieux : cela s’active actuellement furieusement en coulisses pour que B20 et K2A, condamnés à 18 mois de sursis et 50.000 € d'amende pour leur clash dans l'aéroport parisien, s’en mettent vraiment plein la tête, sur le sol belge…

La fédé belge de MMA prête à reconnaître et encadrer le combat, "mais selon nos règles et dans le respect de l’éthique sportive"

Ludovic Boulvin, fondateur et président de la fédération belge de MMA (la BMMAF, active depuis 2006), contacté par nos soins, nous confirme en tout cas que les discussions vont bon train. Selon toutes les personnes contactées ce matin par notre rédaction, elles seraient même plutôt avancées… "En Belgique, on ne peut interdire deux amateurs de pratiquer de la compétition, nous confirme Ludovic Boulvin. Si ce combat s’organise et que nous l’encadrons, nous poserons des conditions aussi strictes que le sont nos règles pour n’importe quel amateur. Il est exclu que notre fédération encadre un combat qui ne respecte pas nos règles et notre éthique sportive." 

En revanche, si Booba et Kaaris (pour rappel liés à la même maison de disques, Universal)  abandonnent leurs desiderata d’un combat sans règle et sans arbitre, la fédération belge se dit prête à encadrer le combat. "D’un point de vue plus philosophique, je ne suis personnellement pas forcément un grand défenseur de ce type d’événement médiatique. Mais si ce combat de peu d’intérêt sportif doit avoir lieu, autant qu’il se déroule sous notre regard et notre garantie d’éthique, qui nous a valu, en 12 ans et près de 3.000 combats organisés, un taux d’accidents extrêmement faible : une vingtaine de déclarations d’accidents seulement, pour l’immense majorité des cas, légers."

Pour ce qui est des règles en question, Booba et Kaaris devraient donc, nous confirme-t-on, répondre à la même catégorie de poids, se battre sous l’égide d’un arbitre, mais aussi être en ordre d’un point de vue administratif, médical et sportif : ils doivent être correctement formés et en ordre d’entraînement, ainsi que d’affiliation à une structure de combat – ce qu’il est possible de faire dans les trois mois qui nous séparent de la date hypothétique du combat, à l’échelon amateur, évidemment. "On ne tolérera aucun dérapage en quête de buzz durant le combat ou à la pesée, par exemple. Sur les réseaux sociaux, ils font ce qu’ils veulent…"

La piste du Palais 12 n’est pas la seule, le vrai rôle de l’animateur Vinz

Vinz Kanté, DJ “entertainer” et influenceur, animateur des nocturnes sur la radio NRJ Belgique (entre 21 heures et minuit), est encore considéré à tort comme l’organisateur de l’événement Booba/Kaaris. “Mon événement Facebook, c’était une blague à la base, nous dit-il. Je ne suis pas en contact avec eux mais je connais quelques personnes de leur staff. Et c’est bel et bien confirmé, ils l’organisent. La date est prise, Booba est ok sur l’accord de principe. Après, il y a juste Kaaris qui fait du chipotage concernant le contrat. L’événement est lancé et annoncé, maintenant est-ce que Kaaris va accepter le contrat, c’est autre chose... Tout va dépendre de lui.”

Selon les infos qui nous reviennent, il n’est pas garanti que le combat, s’il a vraiment lieu, se déroule bien au Palais 12. Pour ce qui est de l’organisateur possible du combat, un nom nous revient : celui de la structure montoise European Beatdown, spécialiste dans l’organisation d’événements MMA (dont le plus gros de Belgique). C’est elle qui a défié les deux rappeurs sur les réseaux sociaux, et lancé l’éventualité d’une organisation de la joute en Belgique. Contactée, elle n’est en mesure de confirmer aucun élément officiel. Mais se dit prête à encadrer un combat de cette ampleur médiatique, "mais pas au Palais 12, sauf si on nous fait signe en ce sens. Si nous organisons ce combat, nous en ferions plutôt le main event d’un de nos événements 100% MMA", apprend-t-on.

Pour le Palais 12 toujours, l’affaire est loin d’être pliée : si le responsable de la programmation de la salle, Fabrizio Gentile a confirmé avoir reçu une demande – qu’il affirme être en train d'étudier – pour la date annoncée part Booba (le 5 avril), le chemin est encore long. Au Palais 12, toutes les demandes d'événements sont évaluées par un comité. Ce comité opère une analyse globale pour tout type d'événement : mobilité, sécurité, etc. Quand l'événement est particulièrement sensible, cela passe par une commission d'évaluation dans laquelle on retrouve, logiquement, la direction de Brussels Expo. Or, rappelons que Brussels Expo est une ASBL dont le conseil d'administration est quasi exclusivement composé d'élus bruxellois. Quant à la présidence de l'ASBL, elle est assurée par le bourgmestre de Bruxelles Philippe Close (PS) même si c'est l'échevin Ecolo Benoit Hellings qui gère la matière. Tous ont donc leur mot à dire lorsque cette commission d'évaluation se réunit. Benoit Hellings a d'ailleurs déjà fait part de sa réticence à accueillir un tel événement - qualifié de "cirque" - au Palais 12. Quant à Philippe Close, il a refusé de répondre aux questions des journalistes sur ce sujet ce matin. "Aucune intérêt", nous a-t-il répondu. "Il est évident que les membres du collège de la Ville de Bruxelles détiennent un droit de veto informel sur l'organisation de tel ou tel événement", nous explique une source bien informée.

Le ramdam médiatique sera, quoi qu’il en soit, dantesque

Les deux kickeurs parisiens, si ce combat se confirme, connaîtront à n’en point douter l’apogée d’une carrière médiatique déjà bien remplie. Cyril Hanouna se rêve en commentateur d’un événement qui serait, à minima, retransmis sur Internet. Et probablement en télé. 

Panem et circenses.


© D.R.