À 17h, ce samedi, l'Australie affronte la Nouvelle-Zélande en finale du Mondial. En cas de victoire, les deux équipes pourraient remporter un troisième sacre. Australiens et Néo-Zélandais se sont affrontés à trois reprises en Coupe du Monde.

Les Australiens ne partent pas battus d’avance

Avant d’organiser le Mondial sur leurs terres en 2011, les All Blacks n’avaient décroché le trophée Webb Ellis qu’une seule fois. Oui et alors ! Sont-ils capables de glaner un troisième titre ? Oui et alors ! D’être enfin sacrés sur un sol étranger ? Oui et alors. Qu’importe ces interrogations et ses réponses. Les All Blacks exalteront encore et toujours le privilège de combler les amoureux du rugby en respectant leur tradition basée, au sens le plus exacerbé et le plus noble, sur la transmission de l’ovale. Et même s’ils devaient échouer face aux Australiens, ils persistent à emplir de joie ceux qui viennent de les tourmenter car il n’y a point de petits vainqueurs contre les All Blacks car les "Tout Noirs" jouent invariablement en grand. Si les Wallabies s’imposent ce samedi après-midi à Twickenham, ils respecteront le finaliste malheureux.

Depuis quatre ans, les hommes de Steve Hansen ont rarement trouvé leurs maîtres. Depuis que l’ovale est "black", la Nouvelle-Zélande a glané 412 victoires en 537 matches officiels. Un incroyable ratio que rien, ni personne, n’est venu chambouler depuis 2011 puisque les hommes en noir n’ont perdu que trois matches pour deux nuls et 48 victoires !

Des Australiens ressuscités

Du haut de leur nuage, ils ont survolé leurs sujets, trônant au sommet du ranking mondial comme un Everest que nul ne peut atteindre. Sauf que les Wallabies de Michael Cheika, exsangues sportivement et financièrement, il y a un an à peine, ont ressuscité de nulle part, sortant des profondeurs du noir désespoir pour s’installer à force de discipline et de succès, dans le sillage des Néo-Zélandais. Avec un groupe remis en ordre de bataille, une conquête stabilisée et des individualités (Pocock, Ashley-Cooper, Folau, Giteau…) au sommet de leur art.

Pour les All Blacks, c’est l’occasion de se parer de gloire à plus d’un titre : là, dans le Temple du rugby anglais, ils pourraient réussir à conserver leur couronne mondiale et cela serait la porte de sortie majestueuse d’une génération dorée, incarnée par son capitaine Richie McCaw ou les Dan Carter, Ma’a Nonu, Conrad Smith et Keven Mealamu. De l’expérience à revendre qui sera nécessaire pour contrer le rebond des Wallabies. Ce serait un incroyable braquage que réussiraient les Aussies en l’emportant samedi, et leur succès n’en serait que plus sucré si on le saupoudre de l’historique querelle de voisinage entre les deux rives de la mer de Tasmanie. Cela promet dans une finale où la tradition veut qu’elles se jouent sur un détail, un drop, une pénalité manquée ou réussie, un seul geste déterminant et salvateur…


Leurs trois duels en Coupe du monde

Les Australiens et les Néo-Zélandais se sont rencontrés à trois reprises en Coupe du monde, à chaque fois au stade des demi-finales. L’Australie mène 2-1 dans ces duels.

1. 27 octobre 1991, à Dublin (Australie - Nouvelle-Zélande 16-6). Vainqueurs de la toute première édition en 1987, les All Blacks ne sont pourtant pas au mieux lors de l’édition 1991. Ils sortent d’une tournée victorieuse face aux Bleus, mais sont battus par deux sélections régionales françaises. Ils battent difficilement les Anglais et les Italiens en matches de poule et échouent en demi-finale face à l’Australie sur le score de 16-6. A contrario, l’Australie, après avoir frôlé le pire en quart de finale contre l’Irlande, est sur un nuage face aux All Blacks, transportée par le génie d’un certain David Campese, auteur de deux essais splendides. Une semaine plus tard, les Wallabies sont sacrés contre le XV de la Rose 12-6. Les Aussies confirmeront d’ailleurs leur suprématie vis-à-vis des Blacks en les battant par deux fois au cours de la saison 1992.

2. 15 novembre 2003, à Sydney (Australie - Nouvelle-Zélande 22-10). L’Australie, en proie aux critiques depuis le début du Mondial sur ses terres, cloue le bec de ses détracteurs en s’offrant les All Blacks en demi-finale devant plus de 80 000 personnes à Sydney. L’œuvre tactique d’un certain Eddie Jones (actuel entraîneur du… Japon). S’appuyant sur une défense de fer, coupant les ailes aux trois-quarts néo-zélandais et avec un Stephen Larkham à la baguette, l’Australie domine des All Blacks qui étaient pourtant à nouveau favoris du Mondial. Dans le chef des hommes de John Mitchell, qui sera limogé et remplacé par Graham Henry, c’est une nouvelle désillusion car ils avaient sorti les Springboks en quart de finale (29-9). La malédiction de la Coupe du monde a encore frappé, même s’ils atomiseront les Tricolores 40-13 lors du match pour la troisième place.

3. 16 octobre 2011, à Auckland (Nouvelle-Zélande - Australie 20-06). Enfin. La Nouvelle-Zélande prend sa revanche. Organisatrice de la Coupe du monde, elle domine son sujet en phase de poule battant successivement et largement les Tonga, le Japon, la France et le Canada. Les Argentins subissent aussi leur loi en quart de finale sans pouvoir inquiéter le jeu des hommes de Graham Henry (33-10). Le rendez-vous est pris pour la revanche face aux Wallabies en demi-finale dans leur jardin de l’Eden Park d’Auckland. Les All Blacks sont intraitables dans le jeu au sol comme dans les airs. Ma’a Nonu avait donné le ton dès le début du match en plantant un essai. L’Australie est éliminée 20-6. La Nouvelle-Zélande efface définitivement ses démons de ses deux demi-finales perdues contre les Aussies et remporte la Coupe du monde en battant la France.