La victoire européenne au Belfry prouve combien la glorieuse incertitude du sport s'exporte aussi sur les greens.

La Ryder Cup est une compétition unique en son genre. Dans un sport ultra-individuel, elle se joue par équipe et en uniforme. Dans un sport où le culte du dollar est élevé au rang d'art de vivre, elle se dispute sans prize money et pour l'honneur. Dans un sport qui a l'habitude de compter en stroke play, elle se déroule en match play. C'est ce qui fait son charme et qui la rend si magique.

Ce succès européen ne veut évidemment pas dire que les joueurs du Vieux-Continent sont devenus, subitement, meilleurs que leurs homologues américains. Il ne signifie pas davantage que Tiger Woods ou Phil Mickelson, très décevants tout au long du week-end, ne sont plus les meilleurs joueurs du monde.

Il rappelle simplement que, dans une épreuve par équipe, la loi du plus fort n'est pas toujours la meilleure. Et que d'autres paramètres entrent en jeu: la solidarité, l'enthousiasme, l'esprit d'équipe et la rage de vaincre, notamment.

Dès le premier swing du vendredi, on a senti cette formation européenne soudée et ambitieuse. Elle voulait sans doute davantage la victoire que son adversaire. Et dans cette formule de match play où le bluff, l'intox et l'art tactique sont des armes aussi importantes que le talent, c'est ce qui a fait la différence.

Donnée largement favorite, l'équipe américaine a été battue par un adversaire européen sublimé, en état de grâce par instants. C'était de la Ryder Cup, appellation contrôlée.

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