Même en ces temps troublés, les organisateurs des Gants d’or, un événement reconnu par la Royale Fédération belge de boxe et soutenu par l'Echevin des Sports de la commune d'Ixelles Bea Diallo, n’ont pas voulu manquer l’occasion de mettre à l’honneur les champions belges du noble art. Par précaution, pas de cérémonie prestigieuse cette année mais une émission enregistrée juste avant le reconfinement à la salle Emergence à Ixelles, au cours de laquelle les lauréats sont venus, à tour de rôle, chercher leur prix.

Les yeux avertis auront relevé qu’une attention toute particulière a été apportée à la mise en scène dans cette vidéo (où apparaissent Jean-Claude Van Damme et José Garcia) qui sera diffusée sur les réseaux sociaux. Et pour cause ! Il s’agit d’un modeste hommage au réalisateur français Claude Lelouch, détenteur de deux Oscars et d’une Palme d’or, qui parraine cette édition 2020.

© Belgian Golden Gloves

Lors de son intervention, celui-ci n’a pas manqué d’adresser ses félicitations aux lauréats des Gants d’or : Francesco Patera et Delfine Persoon, soit le même duo de gagnants que l’an dernier. S’il s’agit déjà d’une huitième récompense pour la Flandrienne, le champion d’Europe des poids légers remporte, lui, ce prix pour la troisième fois. Et il fait même coup double puisque le Gant d’argent récompensant le plus beau combat lui a été attribué pour sa prestation face à Domenico Valentino.

"Un combat très difficile contre un très bon boxeur, qui a disputé trois fois les Jeux olympiques en amateurs, un combat assez technique, et que j’ai gagné aux points après l’avoir envoyé au sol dans la dernière reprise. J’étais content de l’avoir emporté de la sorte", explique le Limbourgeois de 27 ans. "J’aspire à présent à disputer ma demi-finale mondiale, qui a été reportée en début d’année, et franchir ainsi un nouveau palier. Je suis très honoré de gagner deux prix cette année et très motivé pour la suite."

Delfine Persoon, elle, devrait disputer son prochain combat en super-plumes, une catégorie où elle s’était déjà montrée victorieuse, l’an dernier, face à Helen Joseph.

"Mais il est difficile de dire quand ce combat pourra avoir lieu", dit-elle. "En attendant, je vais placer ce huitième trophée, que je dédie à mon coach Filiep Tampere, en bonne place dans la nouvelle salle que nous allons faire construire. Il servira à inspirer et à motiver tous les jeunes qui la fréquenteront."

Un ex æquo chez les espoirs masculins

Deux boxeurs d’origine arménienne ont terminé ex æquo dans la catégorie du meilleur espoir. Anciens multiples champions de Belgique amateurs, Miko Khatchatryan et Hovo Martirosyan ont, dès lors, tous deux reçu le prix en question.

© Frédéric Andrieu

"C’est une récompense qui va me donner beaucoup de motivation afin de poursuivre dans cette voie", explique Martirosyan, dont les débuts réussis en pro (9 victoires dont 6 avant la limite) ont été consacrés par un titre de champion de Belgique des welters.

© Frédéric Andrieu

Le Liégeois Khatchatryan (10 v.) était, aussi, reconnaissant. "Cela fait énormément plaisir ! C’est une motivation supplémentaire qui va m’aider à aller plus loin, à m’entraîner beaucoup plus pour aller chercher des titres", commente ce poids léger, fan de Lomachenko. "C’est un prix que je dédie volontiers à mon père pour tous les sacrifices qu’il a accomplis pour moi. Lui-même ancien boxeur, il est présent depuis que j’ai commencé la boxe à 8 ans."

Venue à la boxe sur le tard, Amy Naert a obtenu le même prix dans la catégorie féminine, après trois victoires de rang chez les pros. "C’est agréable de gagner un prix quand on s’entraîne aussi dur et c’est une récompense encourageante", souligne cette mère de famille qui dit s'inspirer de Delfine Persoon et Oshin Derieuw. "J’aimerais essayer de prendre un titre à l’avenir  et pousser pour voir tout ce que je peux atteindre."

© Frédéric Andrieu

Daniella Somers à l'honneur

Par ailleurs, cette année, le Gant d’honneur est allé à l’ex-championne du monde IBF Daniella Somers, qui a porté haut les couleurs belges sur la scène internationale (jusqu’à… Las Vegas) dans les années 1990. Une attention qui est allée droit au cœur de l’Anversoise de 56 ans, celle-ci rappelant qu’elle a dû mener son combat le plus important "à l’extérieur du ring, simplement pour avoir un peu de reconnaissance et obtenir le droit de pouvoir boxer en tant que femme".

© Frédéric Andrieu

Enfin, les amateurs Victor Schelstraete (BC Golden Gloves Gand), toujours en course pour une qualification olympique, et Anaïs Rousseaux (Buena Vista Bruxelles) ont été distingués par la RFBB pour leurs derniers bons résultats.