Après nos deux équipes nationales de hockey, jeudi dernier, et Kim Clijsters (qui s’est déjà entraînée), la veille, une grande partie de la délégation belge avait rendez-vous, ce mardi matin, à 9 h 30, à la gare du Midi, pour le "grand départ" à destination des Jeux de Londres. Accompagnés de leurs coaches, 24 de nos représentants, dans cinq sports, étaient concernés par ce voyage en Eurostar. Il y avait là : le cyclisme, l’équitation, la gymnastique, le judo et le tennis, dont les compétitions débutent dès samedi, premier jour des JO.

La valise à la main et, souvent, le GSM dans l’autre, les sportifs sont arrivés, presque incognito au milieu de la foule des navetteurs, dans le local que leur avaient réservé le COIB et la SNCB. Les uns un peu nerveux, les autres assez détendus avec comme signe de reconnaissance le survêtement olympique, de couleur gris ou rouge.

Parmi les plus connus d’entre eux, Philippe Gilbert et Tom Boonen, bien sûr, l’un venant de terminer le Tour de France, l’autre, le Tour de Wallonie. "Nous, cyclistes, nous avons l’habitude de passer d’une épreuve à l’autre ! lance le Liégeois. Je ne suis donc pas trop dépaysé, même si je ne connais pas tous les sportifs présents alors que je m’intéresse au sport en général lorsque mon emploi du temps le permet."

Saluant certains d’une poignée de main, d’autres d’un geste de la tête, Philippe semblait avoir récupéré de la Grande Boucle. "Physiquement, je me sens bien. Je ne me suis pas donné à fond, samedi, lors du contre-la-montre, et, dimanche, la dernière étape du Tour fut une promenade de santé. Maintenant, j’ai hâte de me retrouver sur le vélo !"

Après avoir réglé les formalités administratives, le coureur BMC devait se réunir avec Carlo Bomans et Tom Boonen pour évoquer la tactique. "Comme au Mondial, il s’agit de former une équipe d’un jour et d’en tirer le meilleur, mais on verra Le nom de Cavendish est, bien entendu, sur toutes les lèvres, mais il y a aussi les Espagnols et les Italiens qui ont l’habitude de ce genre de rendez-vous. Sans oublier Sagan qui a montré sur les routes du Tour qu’il est capable de tout !"

On le voit, avant même de traverser le Channel, Philippe Gilbert figurait parmi les plus détendus, mais déjà concentré sur son objectif. Présent en 2004, à Athènes (où Axel Merckx avait décroché une inattendue médaille de bronze ), Gilbert n’était pas de l’aventure il y a quatre ans, aux Jeux de Pékin. "J’apprécie l’ambiance olympique, le fait de côtoyer des sportifs venant d’autres horizons et j’espère que cette délégation décrochera quelques médailles "

A commencer par samedi, lors de la course sur route ? Outre son état de santé, c’était la question qui brûlait les lèvres des interlocuteurs de Tom Boonen "Comme lors de chaque saison, il est important de remporter une victoire ou de décrocher une médaille le plus vite possible ! lance l’Anversois. Mais ce n’est bien évidemment pas simple."

Novice sur le plan olympique, Tom avait l’air heureux d’être là, même s’il avait dû boucler ses valises dans une certaine précipitation. "J’espère que tout y est ! Entre la fin du Tour de Wallonie, dimanche soir, et le départ, ce mardi matin, je n’avais guère le temps de tergiverser. J’ai tapé tous les vêtements olympiques dans ma valise et on verra "

Vraiment rien d’autre ? Ne fût-ce que pour passer le temps en attendant la course olympique ? "J’ai mon iPad. Pour le reste, si j’ai besoin de lecture, je demanderai à Stijn (Vandenbergh, son équipier d’Omega Farma-Quick Step, avec qui il logera ) . Pour le reste, j’essayerai d’apprendre à mieux connaître les autres sportifs, à découvrir d’autres sports aussi que je ne connais que par la télévision."

Pour ce qui est de la course sur route de samedi, Tom Boonen se montre ambitieux, malgré sa côte cassée le 10 juillet, en Pologne. "Je ne ressens plus rien lorsque je suis sur le vélo. Ce ne sera donc pas une excuse pour moi Je m’attends à une course nerveuse, mais il faudra être calme. Beaucoup voient un sprint massif et, bien entendu, une victoire de Cavendish chez lui, mais rien ne dit qu’un petit groupe ne pourra pas se disputer la victoire."

A bon entendeur

Tandis que certains, partis tôt des quatre coins de Belgique et ayant rallié la capitale déjà en train, se servent un jus de fruits ou un café, d’autres profitent pleinement de l’instant présent, à l’instar de David Goffin.

Qualifié pour ces Jeux de Londres à la suite de son formidable parcours à Roland-Garros, le tennisman liégeois avait hâte de monter dans le train et de rejoindre Londres.

Ou, plus précisément, Wimbledon "Oui ! J’ai hâte d’y être, de découvrir ce fameux Village olympique, l’ambiance ! sourit-il. Bien sûr, si on m’avait dit, il y a six mois, que je participerais aux Jeux de Londres, je ne l’aurais pas cru. Mais, maintenant que je suis qualifié, j’ai envie de jouer."

Même s’il s’agit d’une première pour lui (aussi), David n’affichait absolument aucun stress. "J’ai bouclé ma valise très calmement lundi soir. Comme d’habitude, serais-je tenté de dire. J’ai pensé à emporter mon ordi , avec mes films et ma musique. Franchement, je ne ressens aucune nervosité. J’ai simplement envie de jouer, d’aller le plus loin possible, même si je pense qu’il faudrait un miracle pour décrocher une médaille."

Dans l’antichambre de son premier rendez-vous olympique, le judoka Joachim Bottieau appréciait de côtoyer tout ce beau monde après avoir répondu à la question de vérité de son coach, Damiano Martinuzzi, concernant son poids

"Combien pèses-tu ?" lui lança sérieusement Damiano.

"82 kg !" répondit Joachim.

"C’est bien !" commenta simplement le coach.

Bien, effectivement, pour Bottieau appelé à monter sur le tatami, mardi prochain, en -81 kg... Le temps sans nul doute de prendre la température avec, notamment, Charline Van Snick (-48 kg) qui ouvrira le bal dès samedi. "Je suis fin prête ! Je ne crains personne, mais je ne sous-estime non plus personne. Ce serait une grave erreur "

Quand Tom Boonen évoquait le fait de bien débuter les Jeux, il ne pensait peut-être pas forcément à Charline. Mais la jeune Liégeoise est bel et bien l’une de nos meilleures chances de médaille.

En attendant, l’heure de prendre possession des tickets approcha à grands pas, mais la distribution fut réglée dans le calme, sport par sport. Et tous les sportifs furent appelés à poser pour la traditionnelle photo de groupe avant de franchir la frontière et d’embarquer pour un départ prévu à 10 h 56.

Pour eux, l’aventure olympique des Jeux a débuté.

Londres, les voilà !