Avec trois représentants chacune en quarts de finale de la Ligue des champions 2000-01 et trois demi-finalistes en Coupe de l’UEFA à elles deux, l’Angleterre et l’Espagne ont confirmé leur récente hégémonie sur le football européen, conquise à grands coups de millions.

Grâce à un système financier avantageux (fiscalité allégée, cotation en Bourse en Angleterre, gestion des droits d’image en Espagne), ces deux nations ont pu se donner les moyens de leur réussite. Ainsi, la masse salariale et les indemnités de transfert en Angleterre représentaient une somme globale supérieure au milliard d’euros en 1999-00, soit une augmentation de 11,5 % par rapport à l’exercice précédent.

Ces formules ont permis au Real Madrid et à Manchester United de conclure cette saison les transferts du Français Zinédine Zidane (ex-Juventus) et de l’Argentin Juan Sebastian Veron (ex-Lazio), pour 75,1 millions d’euros (record absolu) et 46,3 millions d’euros. Tous deux ont d’ailleurs choisi de quitter l’Italie, grande nation de football qui a, elle, vu son aura européenne s’amoindrir.

Cette puissance financière a porté ses fruits sur la scène européenne. Malgré la victoire finale du Bayern Munich face à Valence, l’Angleterre et l’Espagne n’avaient laissé que peu de place aux autres nations au sortir des deux premiers tours de la dernière C1.

Manchester United (vainqueur 1999), Leeds et Arsenal, le Real Madrid (vainqueur 2000), Valence et le Deportivo La Corogne: les deux nations-reines disposaient de six clubs sur huit à ce stade de la compétition.

Continuité

Et pour la saison en cours, elles se sont inscrites dans la continuité. L’Angleterre, pour la seconde année consécutive, a réalisé un sans-faute, qualifiant ses trois représentants au deuxième tour (Manchester, Arsenal et Liverpool). L’Espagne, quant à elle, garde également trois clubs en lice (Real Madrid, Barcelone et Deportivo), tout comme l’an dernier, même si elle a perdu Majorque en chemin.

En C3 aussi, le bilan est édifiant. La saison passée, le dernier carré était composé, outre les Allemands de Kaiserslautern, du Barça, d’Alavès et de Liverpool, certes dernier représentant anglais mais vainqueur final dans un match haletant contre Alavès.

Cependant, l’argent n’est pas le seul facteur d’explication. Les raisons des succès anglo-espagnols sont également à aller chercher du côté d’un style de jeu souvent enthousiasmant, à l’image d’un Deportivo la Corogne porté vers l’attaque, comme l’explique l’attaquant argentin de la Lazio Hernan Crespo: «Les Italiens doivent comprendre que le football, ce n’est pas que le résultat. J’aime gagner, mais avant tout, j’aime pratiquer un football offensif. »

Toutefois, dans leur course effrénée à la puissance financière, les risques sont réels pour les clubs espagnols et anglais. La dette de l’emblématique Real (276 millions d’euros), qui n’a été soldée qu’avec la vente de sa cité sportive au printemps, a mis en lumière le danger que peut constituer l’absence de tout organisme de contrôle.

Et en Angleterre, où la répartition des droits TV a récemment posé problème, les clubs craignent un éclatement de la bulle financière en raison d’un endettement toujours à la hausse.