ENVOYÉ SPÉCIAL À ATHÈNES

Elle a beau prétendre que, vu d'où elle vient, le plus important n'est pas le résultat, Justine Henin-Hardenne revient à grandes enjambées vers la grande forme. «Tennistiquement, mon niveau est bon. Le tout était de savoir où j'en étais psychologiquement», répète-t-elle à ceux qui la questionnent sur ses ambitions. Donc, maintenant, elle sait. Qu'elle se sent bien. Et, mieux, que son niveau de jeu dépasse déjà ses espérances.

Dimanche, face à Strycova, la Rochefortoise avait dompté un vent très violent et gardé la maîtrise de ses nerfs. Hier, alors que cela soufflait toujours un peu sur le court central, elle a maté en plus une adversaire tout à fait à sa portée mais dont elle se méfiait beaucoup. Victorieuse 6-2 et 6-1 en 64 minutes, Justine Henin a joint l'agréable à l'utile. Expéditive et solide sur le court, elle n'a pas souhaité faire durer son plaisir. «J'avais de très bonnes sensations même si j'avais les jambes un peu lourdes. Cela reste pour moi difficile de récupérer après un match mais cela va bien.» On a pu le constater dans la rencontre qui l'opposait à Vento-Kabchi. «Je me suis bien installée à l'intérieur du court et ne lui ai pas laissé le temps d'entrer dans une partie fort intense», dit-elle.

Bien en jambes, Justine Henin-Hardenne est apparue très relâchée et plus solide que dimanche. Dans le premier set, elle a breaké son adversaire à 3-2 avant d'enchaîner neuf jeux. Ce qui n'empêche pas Carlos Rodriguez de relativiser: «Après sa très bonne passe, elle a connu une baisse de régime sur son service. Mais c'est logique qu'elle traverse encore des passages à vide. Cela dit, je l'ai trouvée très bien mentalement.»

«Les vacances, c'est fini!»

De toute évidence, Justine Henin-Hardenne profite pleinement de son séjour olympique. «Je l'ai déjà dit: j'apprécie cette expérience. Même si je dois me contenter de voir les autres sports à la télévision parce que je ne veux pas perdre de l'énergie bêtement, je me satisfais de toute cette activité qu'il y a autour de moi. Et les contacts que j'ai avec les autres sportifs belges me font du bien.» Si elle ne se met pas de pression excessive sur les épaules, la Rochefortoise nourrit, comme toujours dans son chef, de grandes ambitions. «Pour moi, les vacances c'est fini, s'exclame-t-elle. Près de trois mois à ne rien faire, cela suffit! Maintenant, je n'agis de nouveau qu'en fonction du match du lendemain.»

Aujourd'hui, la 1re mondiale va croiser le fer avec Nicole Pratt. En 16es de finale, l'Australienne a battu l'Italienne Tathiana Garbin, bourreau de Henin sur la terre battue de Roland Garros. «Pratt ne lâche jamais un point», se contente de dire la Belge. Qui va désormais jouer tous les jours. «Cet enchaînement de matches est une bonne chose. Il constitue un test quant à ma capacité de récupération. N'oublions pas que ma maladie avait justement diminué mes facultés récupératrices.»

Si elle passe l'écueil australien, Henin devrait, en principe, retrouver Venus Williams en quarts de finale, un obstacle de plus vers la médaille.

© Les Sports 2004