Lancé dans un incroyable pari de remporter 7 médailles d’or aux Championnats du monde de natation, le jeune (18 ans) prodige Australien Ian Thorpe ne se fixe aucune limite chronométrique.

«Je ne pense pas que j’ai atteint mes limites. Beaucoup de gens le pensent, mais nous devons laisser faire le temps pour juger », a-t-il déclaré, avec son sang-froid habituel, après avoir à nouveau battu le record du monde du 400 mètres libre en 3 min 40 sec 17/100, dimanche à Fukuoka.

«J’espère aller plus vite. Mon principal but est toujours de progresser. Aussi je pourrai terminer ma carrière très satisfait », a-t-il affirmé après avoir décoché un énorme sourire quand il vu son temps s’inscrire sur le tableau d’affichage

Il s’agissait du quatorzième record du monde (10 en grand bassin et 4 en petit bassin) pour le champion olympique de la distance qui conserve ainsi son titre mondial acquis à Perth (Australie) en 1998, à l’âge de 15 ans, ce qui en faisait le plus jeune champion du monde de l’histoire.

Pourtant Ian Thorpe refuse d’être considéré comme un prodige. «Cela n’est pas justifié de me comparer à l’Américain Mark Spitz (7 médailles d’or aux JO de Munich en 1972) car il est et restera le plus grand nageur de tous les temps », souligne-t-il modestement.

Pour justifier ses progrès continuels, ayant toujours rejeté avec force l’idée qu’il puisse se doper, Thorpe avance une explication simple: «je suis beaucoup plus solide mentalement et sans doute aussi physiquement. J’ai beaucoup travaillé ma condition physique et j’ai perdu un peu de poids depuis les JO et je suis content de la manière dont je me sens dans l’eau et hors de l’eau ». Il serait ainsi descendu sous le quintal, pour 1,95 m que lui attribue sa notice biographique.

Pieds comme des palmes

Michel Rousseau, le vice-champion du monde français du 100 m libre en 1973, met en avant une autre idée plus technique pour justifier, autrement que par sa combinaison qui a été copiée, la supériorité de la «Torpille » par rapport à ses adversaires: ses pieds très larges dont la longueur, sujette à controverses, est de 47 cm. «C’est comme si un autre nageur fixait à ses pieds des palmes coupées », déclare Rousseau pour faire comprendre la prodigieuse accélération de Thorpe dans la dernière longueur du bassin.

Thorpe risque de repousser encore longtemps ses limites. Déjà interrogé sur sa future retraite, il a répondu qu’il se verrait encore bien affoler les chronos jusqu’aux jeux Olympiques de 2008 à Pékin.

Mais le vedettariat a ses contraintes. Ainsi, au Japon, pour le protéger de l’enthousiasme de ses fans, notamment des jeunes adolescentes japonaises complètement déchaînées dès qu’elles peuvent apercevoir leur idole, la délégation australienne a dû engager de solides gardes du corps pour lui assurer un peu de tranquillité.

«Je ne pensais pas avoir tant de supporteurs en dehors de l’Australie », s’est-il amusé avant de repartir une nouvelle fois s’entraîner. (AFP)